RRQ (Régime de rentes du Québec)

QPP (Québec Pension Plan) en anglais

Définition rapide

Le Régime de rentes du Québec (RRQ) est le régime public contributif du Québec, l'équivalent du RPC. Administré par Retraite Québec, il verse une rente mensuelle imposable à vie, fondée sur vos cotisations pendant vos années de travail au Québec.

Un pays, deux régimes

Le Canada compte deux régimes publics de retraite parallèles. Le RPC couvre le travail dans toutes les provinces et tous les territoires sauf un; le RRQ couvre le travail au Québec. Vous ne choisissez jamais entre les deux : si votre emploi est au Québec, vous et votre employeur cotisez au RRQ, et si votre emploi est ailleurs au Canada, vous cotisez au RPC. Les travailleurs autonomes paient les deux parts au régime dicté par leur province de travail.

Le RRQ est administré par Retraite Québec, pas par Service Canada ni par l'ARC. Votre dossier de cotisations, votre estimation de rente et votre demande passent donc par le portail « Mon dossier » de Retraite Québec plutôt que par Mon dossier Service Canada. Si votre carrière touche les deux régimes, rien ne tombe entre deux chaises : les régimes sont pleinement coordonnés, vos années de cotisation se combinent, et vous recevez une seule rente, versée par le régime de la province où vous résidez au moment de la demande.

Là où le RRQ rejoint le RPC

Pour l'essentiel de la planification, les deux régimes sont jumeaux. La formule de calcul est la même, et les chiffres clés aussi : la rente de retraite maximale du RRQ à 65 ans est d'environ 1 508 $ par mois (en date de juillet 2026), identique au maximum du RPC, tandis que la nouvelle rente moyenne à 65 ans est d'environ 731 $ par mois. Très peu de gens obtiennent le maximum, car il faut à peu près une carrière complète de cotisations au plafond des gains.

Le RRQ a aussi reproduit la bonification du RPC. Depuis 2019, les taux de cotisation augmentent graduellement, et depuis 2024, un deuxième plafond de gains plus élevé (le régime supplémentaire, souvent appelé RRQ2) capte des cotisations sur les revenus au-dessus du plafond initial. L'objectif est le même des deux côtés : faire passer le taux de remplacement du revenu visé d'environ 25 % des gains couverts à environ 33 % pour les travailleurs qui cotiseront toute leur carrière aux taux bonifiés.

Le traitement fiscal est identique lui aussi. La rente du RRQ est pleinement imposable à votre taux d'imposition marginal et, comme le RPC, elle n'a aucune récupération fiscale : contrairement à la SV, un revenu élevé ne réduit jamais votre chèque du RRQ.

Là où le RRQ se distingue du RPC

Les différences sont dans les marges, mais certaines pèsent lourd dans votre décision.

RRQ vs RPC en un coup d'oeil (en date de juillet 2026)
RRQRPC
Administré parRetraite QuébecService Canada
CouvreLe travail au QuébecLe travail ailleurs au Canada
Taux de cotisation (2026)6,3 %, légèrement plus élevé5,95 %
Réduction pour rente anticipée0,5 % à 0,6 % par mois, selon le montant de la rente0,6 % par mois, uniforme
Âge de début maximal72 ans, jusqu'à +58,8 %70 ans, jusqu'à +42 %
Rente maximale à 65 ansEnviron 1 508 $ par moisEnviron 1 508 $ par mois
Travail pendant la renteSupplément à la rente de retraite; cotisations facultatives dès 65 ansPrestation après-retraite; cotisations facultatives de 65 à 70 ans

Une cotisation plus élevée, une réduction anticipée plus douce

Les travailleurs québécois versent un peu plus à leur régime : le taux de cotisation du RRQ en 2026 est de 6,3 %, contre 5,95 % pour le RPC, l'employeur versant l'équivalent dans les deux cas (en date de juillet 2026). L'écart reflète la démographie du Québec : une population plus âgée exige un peu plus de financement par travailleur pour payer les mêmes prestations.

De l'autre côté du grand livre, la pénalité du RRQ pour rente anticipée peut être plus douce. Demandez votre rente avant 65 ans et la réduction est de 0,5 % à 0,6 % par mois selon le montant de votre rente : les petites rentes sont réduites plus près de 0,5 % par mois, et seule la rente maximale subit le plein 0,6 %. Le RPC applique un taux uniforme de 0,6 % par mois à tout le monde. À 60 ans, cela donne une réduction de 30 % à 36 % au RRQ, contre 36 % pour tous au RPC.

Le report jusqu'à 72 ans : la piste d'atterrissage plus longue du Québec

C'est la plus grande divergence entre les régimes. Depuis une réforme en vigueur le 1er janvier 2024, le Québec permet de reporter la rente jusqu'à 72 ans, alors que le RPC cesse de récompenser la patience à 70 ans. Chaque mois de report après 65 ans ajoute 0,7 % à la rente, le même taux qu'au RPC, mais le RRQ offre 24 mois de piste de plus : jusqu'à +58,8 % à 72 ans, contre +42 % à 70 ans pour le RPC.

En dollars, la rente maximale du RRQ est d'environ 2 141 $ par mois si vous commencez à 70 ans et d'environ 2 394 $ par mois si vous commencez à 72 ans (en date de juillet 2026). La rente cesse de croître après 72 ans : il n'y a donc aucune raison d'attendre au-delà. Pour les travailleurs québécois en bonne santé qui ont d'autres épargnes pour faire le pont, ces deux années de plus achètent un revenu viager indexé nettement plus élevé, ce qui se rapproche le plus d'acheter de la rente garantie au prix de gros.

Travailler en recevant sa rente

Le RRQ n'impose aucune cessation d'emploi : vous n'avez jamais à démissionner, à réduire vos heures ni à prouver votre retraite pour commencer votre rente. Bien des Québécois touchent leur rente tout en travaillant à temps plein.

Si vous continuez de travailler après le début de votre rente, vos cotisations financent le supplément à la rente de retraite, une majoration permanente ajoutée automatiquement à votre rente chaque année. Et depuis la réforme de 2024, les travailleurs de 65 ans et plus qui reçoivent déjà leur rente du RRQ peuvent choisir de cesser de cotiser, gardant cet argent sur leur paie. Dans tous les cas, les cotisations cessent à 72 ans.

Rentes de survivant et d'invalidité

Comme le RPC, le RRQ est plus qu'une rente de retraite : il verse une prestation de décès à la succession, une rente de conjoint survivant et une rente d'invalidité si une invalidité grave et prolongée vous empêche de travailler avant 65 ans. Les montants et les conditions diffèrent de ceux du RPC dans les détails, notamment pour les survivants : le RRQ calcule la rente selon l'âge et la situation familiale du conjoint survivant. Si une rente de survivant fait partie de la planification de votre ménage, obtenez les précisions auprès de Retraite Québec plutôt que de présumer que les règles du RPC s'appliquent.

Quand la demander?

La logique est la même qu'au RPC : commencer tôt et recevoir de plus petits chèques plus longtemps, ou reporter et recevoir de plus gros chèques moins longtemps. Le point d'équilibre entre commencer à 65 ans et reporter à 72 ans se situe généralement au milieu de la quatre-vingtaine, bien à l'intérieur de l'espérance de vie moyenne au Québec. Si vous êtes en bonne santé et pouvez faire le pont avec des retraits de REER ou un travail prolongé, le report, et un report plus long que ce que les retraités du RPC peuvent même obtenir, est une puissante assurance longévité. Si votre santé est fragile ou que vous avez besoin du revenu maintenant, commencer plus tôt est souvent le bon choix. Consultez votre estimation personnelle dans « Mon dossier » de Retraite Québec avant de décider, car les moyennes cachent de grands écarts.

Au Canada

Le Québec a choisi d'administrer son propre régime à la création du RPC en 1966, en partie pour que les cotisations soient investies chez lui : l'actif du RRQ est géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec, l'un des plus grands investisseurs institutionnels au pays. Soixante ans plus tard, les deux régimes demeurent délibérément alignés sur les prestations tout en divergeant sur des détails comme le taux de cotisation et l'âge de report, et le Québec a récemment été le plus audacieux des deux, en instaurant le premier le report à 72 ans et le retrait facultatif des cotisations pour les pensionnés qui travaillent.

Pour quiconque a travaillé des deux côtés de la frontière québécoise, la règle pratique est simple : vos cotisations aux deux régimes comptent une seule fois, ensemble, et vous adressez votre demande au régime de votre province de résidence à la retraite. Un résident de Gatineau qui a fait carrière à Ottawa s'adresse au RRQ; un résident de Cornwall qui faisait la navette vers Montréal s'adresse au RPC.

Exemple concret

Chantal, 64 ans, a travaillé toute sa carrière au Québec. Son estimation de Retraite Québec indique 1 000 $ par mois si elle commence à 65 ans. Commencer à 60 ans aurait réduit ce montant de 30 % à 36 % selon sa rente; reporter ajoute 0,7 % par mois. À 70 ans, elle recevrait 1 420 $, et à 72 ans, 1 588 $ par mois, indexés à vie.

Elle est en bonne santé, prévoit faire de la consultation à temps partiel jusqu'à 70 ans et détient un REER dans lequel puiser. Elle reporte à 72 ans. Le point d'équilibre par rapport à une demande à 65 ans arrive vers 84 ans : si elle vit au-delà, chaque année supplémentaire lui rapporte environ 7 000 $ de plus que le scénario à 65 ans. Ses cotisations pendant la consultation lui valent aussi le supplément à la rente de retraite, qui pousse encore le chèque vers le haut.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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