RPC (Régime de pensions du Canada)
CPP (Canada Pension Plan) en anglais
Définition rapide
Le Régime de pensions du Canada (RPC) est un régime public contributif qui verse une rente mensuelle imposable à vie, dès 60 ans. Le montant dépend de combien et pendant combien de temps vous avez cotisé en travaillant, pas de la durée de votre résidence au Canada.
Comment fonctionne le RPC : une rente que vous gagnez en cotisant
Le RPC est un régime contributif. À chaque paie, vous et votre employeur cotisez chacun un pourcentage de vos gains entre une exemption de base et un plafond annuel. Si vous êtes travailleur autonome, vous payez les deux parts. Ces cotisations, inscrites année après année à votre dossier auprès de Service Canada, déterminent votre rente éventuelle.
C'est la grande différence avec la SV, l'autre pilier du système public de retraite canadien. La SV repose sur les années de résidence au Canada et n'exige aucune cotisation. Le RPC est l'image inversée : la résidence ne compte pas, c'est votre historique de cotisations qui compte. Une personne qui a travaillé 40 ans au plafond des gains recevra beaucoup plus du RPC qu'une personne qui a travaillé à temps partiel ou passé des années hors du marché du travail, même si les deux ont vécu toute leur vie au Canada.
Combien verse le RPC?
La rente de retraite maximale du RPC à 65 ans est d'environ 1 508 $ par mois, soit environ 18 092 $ par année (en date de 2026). Très peu de gens l'obtiennent. Atteindre le maximum exige d'avoir cotisé au plafond des gains pendant environ 39 ans, et la plupart des carrières comportent des années de revenus plus faibles, des études, des pauses ou des périodes de travail autonome.
Le nouveau bénéficiaire moyen qui commence à 65 ans reçoit environ 731 $ par mois (en date de 2026), soit moins de la moitié du maximum. En planifiant votre retraite, ne présumez pas du maximum. Vérifiez votre relevé de cotisations et votre estimation dans Mon dossier Service Canada, ou faites vos calculs avec un calculateur RPC.
Commencer tôt ou tard : de 60 à 70 ans
L'âge normal de début est 65 ans, mais vous pouvez commencer entre 60 et 70 ans, et l'âge choisi modifie définitivement votre montant mensuel.
Commencer avant 65 ans coûte 0,6 % par mois d'anticipation, soit une réduction de 36 % à 60 ans. Attendre après 65 ans ajoute 0,7 % par mois, soit une bonification de 42 % à 70 ans. Il n'y a aucun avantage à attendre au-delà de 70 ans.
| Âge de début | Ajustement | Montant mensuel maximal |
|---|---|---|
| 60 ans | Réduction de 36 % (0,6 % par mois d'anticipation) | Environ 965 $ |
| 65 ans | Montant normal | Environ 1 508 $ |
| 70 ans | Bonification de 42 % (0,7 % par mois de report) | Environ 2 141 $ |
La bonification du RPC : des rentes plus élevées pour les plus jeunes
Depuis 2019, les taux de cotisation augmentent graduellement dans le cadre de la bonification du RPC, et depuis 2024, un deuxième plafond de gains plus élevé (souvent appelé RPC2) capte des cotisations sur les revenus au-dessus du plafond initial. L'objectif est de faire passer le taux de remplacement du revenu visé d'environ 25 % des gains couverts à environ 33 % pour les travailleurs qui cotiseront toute leur carrière aux taux bonifiés.
L'effet s'installe sur des décennies. Si vous approchez de la retraite, la bonification change peu de chose à votre rente. Si vous êtes dans la vingtaine ou la trentaine, elle augmentera sensiblement la vôtre, en échange de cotisations plus élevées prélevées sur chaque paie dès maintenant.
Impôt, prestations de survivant et d'invalidité
Le RPC est pleinement imposable. Il s'ajoute à vos autres revenus et est imposé à votre taux d'imposition marginal. Contrairement à la SV, le RPC n'a toutefois aucune récupération fiscale : un revenu élevé ne réduit jamais votre chèque du RPC.
Le régime va au-delà de la rente de retraite. À votre décès, votre conjoint ou conjoint de fait peut recevoir une rente de survivant et votre succession, une prestation de décès unique. Si une invalidité grave et prolongée vous empêche de travailler avant 65 ans, la prestation d'invalidité du RPC peut remplacer une partie de votre revenu. Ces prestations découlent elles aussi de votre dossier de cotisations.
Les couples peuvent aussi demander le partage de la rente, qui répartit entre les deux conjoints le RPC accumulé pendant leur vie commune. Quand un conjoint se situe dans une tranche d'imposition beaucoup plus élevée, transférer du revenu de rente au conjoint au revenu plus faible peut réduire la facture fiscale totale du couple.
Au Québec : le RRQ, régime parallèle
Le Québec est la seule province à administrer son propre régime. Le Régime de rentes du Québec (RRQ), géré par Retraite Québec, reproduit le RPC avec des prestations et des règles presque identiques, y compris la même souplesse quant à l'âge de début (de 60 à 72 ans du côté du RRQ), et des taux de cotisation légèrement différents.
Vous ne choisissez pas entre les régimes : vous cotisez au RRQ si vous travaillez au Québec et au RPC si vous travaillez ailleurs au Canada. Si votre carrière touche les deux, les régimes se coordonnent : votre dossier combiné de cotisations produit une seule rente, versée par le régime responsable selon votre lieu de résidence au moment de la demande.
Quand devriez-vous la demander?
Le compromis de base est simple : commencer tôt et recevoir de plus petits chèques plus longtemps, ou commencer tard et recevoir de plus gros chèques moins longtemps. Le point d'équilibre entre commencer à 65 ans et à 70 ans se situe généralement vers 82 ans. Si vous êtes en bonne santé, que la longévité court dans votre famille et que vous pouvez combler l'écart avec vos épargnes, par exemple des retraits de REER ou un travail prolongé, le report vous procure un revenu garanti à vie, plus élevé et indexé à l'inflation, une excellente assurance contre le risque de survivre à votre argent. Si votre santé est fragile ou que vous avez besoin du revenu maintenant, commencer plus tôt est souvent le bon choix.
Au Canada
Le RPC est l'équivalent canadien de la Social Security américaine, et les deux régimes se ressemblent : contributifs, fondés sur les gains, financés par des retenues salariales partagées avec l'employeur, et ajustés selon l'âge de début. Les principales différences sont dans les chiffres. L'âge de la retraite à taux plein de la Social Security est de 67 ans pour la plupart des travailleurs actuels, contre 65 ans pour le RPC, et sa prestation maximale est nettement plus élevée, mais les États-Unis n'ont aucun équivalent de la SV canadienne, fondée sur la résidence, qui s'ajoute par-dessus. Comparer le RPC seul à la Social Security sous-estime ce que verse le système canadien.
Un accord de totalisation entre le Canada et les États-Unis aide les personnes ayant travaillé dans les deux pays à se qualifier pour des prestations de chacun, pour que les carrières transfrontalières ne tombent pas entre deux chaises.
Exemple concret
Diane aura 60 ans en 2026. Son estimation de Service Canada indique qu'elle recevrait 900 $ par mois à 65 ans. Commencer maintenant, à 60 ans, réduirait ce montant de 36 %, à 576 $ par mois. Attendre 70 ans le bonifierait de 42 %, à environ 1 278 $ par mois, soit 8 424 $ de plus par année, à vie et indexés à l'inflation.
Diane est en bonne santé, aime encore son travail et détient un REER dans lequel elle peut puiser dans la soixantaine. Elle choisit de reporter à 70 ans et de combler l'écart avec son REER. Sa soeur, retraitée tôt pour des raisons de santé, a fait le choix inverse et commencé à 60 ans. Les deux décisions peuvent être bonnes : la rente est le même actif, mais l'âge de début doit correspondre à votre santé, vos épargnes et votre besoin de revenu.
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour juillet 2026