Retenue d'impôt sur les dividendes étrangers

Withholding Tax on Foreign Dividends en anglais

Définition rapide

Quand une société étrangère vous verse un dividende, son gouvernement en garde habituellement une tranche avant que l'argent arrive au Canada : 15 % pour les actions américaines selon la convention fiscale. Que cette tranche soit récupérable, ou évitable, dépend du compte qui détient le placement.

Le 30 % qui devient 15 %

Les États-Unis imposent les dividendes qui quittent le pays à un taux par défaut de 30 %. La convention fiscale Canada-États-Unis le ramène à 15 % pour les résidents canadiens, à condition que le formulaire W-8BEN soit au dossier chez votre courtier; les courtiers canadiens le produisent automatiquement pour presque tous leurs clients, alors le taux conventionnel est celui que vous verrez normalement. Les autres pays appliquent des systèmes semblables aux taux fixés par leurs propres conventions avec le Canada, souvent autour de 15 %, parfois plus.

Dans un compte imposable, le feuillet T5 de votre courtier déclare à la fois le revenu étranger brut et l'impôt retenu, ce dont votre logiciel d'impôt se sert pour faire le tri.

Compte par compte : où la retenue colle

Le même dividende américain reçoit trois traitements différents selon le compte qui le détient, parce que la convention reconnaît certains comptes canadiens et pas d'autres (en date de juillet 2026) :

Retenue américaine sur une action ou un FNB coté aux États-Unis, selon le compte
CompteRetenueRécupérable?
REER ou FERR0 %Rien à récupérer : exonéré par la convention
CELI, CELIAPP, REEE15 %Non : l'impôt est perdu définitivement
Non enregistré15 %En grande partie : crédit pour impôt étranger

Pourquoi le REER est spécial et pas le CELI

L'article de la convention sur les régimes de pension exonère les comptes de retraite, et le REER comme le FERR y sont admissibles : les titres cotés aux États-Unis qui y sont détenus reçoivent leurs dividendes au complet. Le CELI, le CELIAPP et le REEE n'ont jamais été ajoutés à la liste : les États-Unis ne les considèrent pas comme des régimes de pension, alors le 15 % est retenu et il n'existe aucun mécanisme pour le récupérer, jamais.

Dans un compte non enregistré, le 15 % est retenu aussi, mais le crédit pour impôt étranger de votre déclaration canadienne le compense contre l'impôt canadien dû sur le même revenu : dans la plupart des cas, peu ou rien n'est vraiment perdu.

La couche du FNB enveloppe

Le lieu de cotation du fonds compte autant que le compte qui le détient. L'exonération du REER ne vaut que si le titre coté aux États-Unis est détenu directement. Un FNB coté au Canada qui détient des actions américaines, directement ou via un FNB américain sous-jacent, est une entité canadienne aux yeux du fisc américain : le 15 % est prélevé à l'intérieur de la structure avant que quoi que ce soit atteigne votre compte, et même un REER ne peut pas le réclamer.

Pour les actions internationales (hors États-Unis), un fonds coté au Canada qui les atteint en passant par un FNB américain peut fuir deux fois : une fois quand le pays d'origine retient sur les dividendes entrant dans le fonds américain, et une autre quand les États-Unis retiennent sur le chemin vers le Canada.

La règle pratique : les FNB cotés aux États-Unis détenus directement dans un REER évitent complètement la fuite; partout ailleurs, les fonds cotés au Canada font habituellement l'affaire et sont bien plus simples. Les enjeux restent modestes : sur un rendement en dividendes américains d'environ 2 %, le 15 % irrécupérable coûte à peu près 0,3 % à 0,4 % par année selon la structure (un chiffre illustratif, en date de juillet 2026).

Garder la perspective

Ne laissez pas la queue fiscale remuer le chien. Acheter des FNB cotés aux États-Unis exige de négocier en dollars américains, et la conversion de devises au détail peut coûter plus cher que la retenue qu'elle évite, à moins d'utiliser une technique comme le gambit de Norbert. La retenue ne vise que les dividendes : les gains en capital sur des actions étrangères ne subissent aucune retenue étrangère, alors les titres de croissance à faible rendement ne fuient presque rien, peu importe le compte.

Les dividendes canadiens jouent dans une tout autre ligue : ils arrivent entiers et, dans les comptes imposables, profitent du crédit d'impôt pour dividendes.

Au Canada

L'exonération des régimes de pension est un élément spécifiquement négocié de la convention Canada-États-Unis, et les conventions du Canada avec la plupart des autres pays n'ont pas d'équivalent : les dividendes européens ou asiatiques sont donc généralement retenus même dans un REER. Les nouveaux types de comptes canadiens ne s'ajoutent pas automatiquement : le CELIAPP est arrivé en 2023 et, comme le CELI avant lui, n'est pas reconnu par la convention (en date de juillet 2026). Une dernière subtilité : pour les FNB cotés au Canada, la retenue prélevée à l'intérieur d'une couche de fonds américain n'apparaît jamais sur votre feuillet T3, exactement pourquoi cette fuite passe si facilement inaperçue.

Exemple concret

Jonas détient 100 000 $ d'un FNB S&P 500 coté aux États-Unis avec un rendement d'environ 2 %, soit à peu près 2 000 $ de dividendes par année. Dans son REER, les 2 000 $ complets arrivent : l'exonération de la convention s'applique. Dans son CELI, 300 $ sont retenus et perdus pour de bon; 1 700 $ arrivent et rien ne peut être réclamé. Dans son compte non enregistré, 300 $ sont retenus, mais le crédit pour impôt étranger les compense contre son impôt canadien, et les 2 000 $ complets sont imposés comme revenu étranger ordinaire.

Si Jonas avait détenu une version cotée au Canada du même fonds dans son REER, les 300 $ auraient été retenus à l'intérieur du fonds et perdus là aussi. Ces 300 $ par année, environ 0,3 % de la position, sont tout l'enjeu de la décision de cotation : à optimiser dans un gros REER, à ignorer dans un petit.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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