CELI (Compte d'épargne libre d'impôt)

TFSA (Tax-Free Savings Account) en anglais

Définition rapide

Le CELI (compte d'épargne libre d'impôt) est un compte enregistré où votre argent croît et peut être retiré complètement à l'abri de l'impôt. Vous cotisez avec de l'argent déjà imposé et, malgré son nom, il peut contenir des actions, des FNB, des CPG et des fonds communs, pas seulement de l'épargne.

Ce qu'est vraiment un CELI (et pourquoi son nom induit en erreur)

Le CELI est l'un des outils les plus puissants des finances personnelles au Canada, et l'un des plus mal compris, à commencer par son nom. Ce n'est pas qu'un compte d'épargne. Le CELI est un type de compte enregistré, une enveloppe libre d'impôt qui peut contenir presque n'importe quel placement : actions, fonds négociés en bourse (FNB), CPG, fonds communs de placement, obligations ou simple encaisse. Si votre CELI à la banque rapporte 1,5 % d'intérêt, c'est un choix, pas une limite du compte.

Voici l'entente de base. Vous cotisez avec de l'argent sur lequel vous avez déjà payé de l'impôt, donc aucune déduction au moment de cotiser, contrairement au REER. En échange, tout ce qui se passe dans le compte est invisible pour le fisc. Les intérêts, les dividendes et les gains en capital croissent à l'abri de l'impôt, et les retraits sont eux aussi complètement libres d'impôt, à tout âge, pour n'importe quelle raison. Vous ne déclarez jamais la croissance ni les retraits de votre CELI dans votre déclaration de revenus.

Ce caractère « libre d'impôt pour toujours » est ce qui rend le CELI si précieux sur de longues périodes. Un dollar de croissance dans un CELI vaut un dollar complet pour vous. La même croissance dans un compte non enregistré est rognée par l'impôt à chaque étape.

Qui peut ouvrir un CELI

Vous pouvez ouvrir un CELI si vous êtes résident canadien, âgé d'au moins 18 ans, avec un numéro d'assurance sociale (NAS) valide. Il n'y a aucune limite d'âge supérieure, aucune exigence de revenu et aucun besoin d'avoir un revenu gagné. Un retraité sans salaire et un étudiant avec un emploi à temps partiel se qualifient exactement aux mêmes conditions.

Une nuance : dans les provinces et territoires où l'âge de la majorité est de 19 ans (Colombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut), les institutions financières n'ouvriront le compte qu'à 19 ans. Mais vos droits commencent quand même à s'accumuler l'année de vos 18 ans. Un jeune de 19 ans à Vancouver qui ouvre son premier CELI a donc déjà deux années de droits qui l'attendent.

Comment fonctionnent les droits de cotisation au CELI

Vos droits de cotisation au CELI représentent le montant total que vous pouvez y verser. Ils se construisent à partir de trois éléments qui s'additionnent.

Premièrement, le plafond annuel. Chaque année, le gouvernement fixe un montant qui s'ajoute aux droits de chaque personne admissible. Pour 2026, il est de 7 000 $ (en date de juillet 2026). Deuxièmement, le report : les droits inutilisés n'expirent jamais. Si vous ne cotisez rien cette année, ces droits vous attendent, indéfiniment. Troisièmement, les retraits reviennent : tout montant retiré est rajouté à vos droits le 1er janvier de l'année suivante.

C'est cette troisième règle qui cause l'erreur classique et coûteuse. Les retraits sont rajoutés l'année suivante, pas immédiatement. Si vous avez déjà utilisé tous vos droits, que vous retirez 10 000 $ en mai, puis que vous remettez 10 000 $ en octobre de la même année, vous avez cotisé 10 000 $ en trop, parce que les droits liés à votre retrait de mai n'existent pas avant le 1er janvier. Si vous pensez devoir recotiser dans la même année civile, faites-le seulement si vous avez encore des droits inutilisés pour couvrir le montant.

Autre point qui cause des surprises : les droits se mesurent en cotisations, pas en valeur du compte. La croissance des placements ne consomme pas de droits, et les pertes n'en redonnent pas. Cotisez 7 000 $ et regardez-les grimper à 12 000 $ : vous n'avez toujours utilisé que 7 000 $ de droits. Regardez-les fondre à 3 000 $ : vous avez toujours utilisé 7 000 $, et retirer ces 3 000 $ ne rapportera que 3 000 $ de droits en janvier. Perdre de l'argent dans un CELI détruit de façon permanente de l'espace libre d'impôt, une raison de plus pour laquelle les paris spéculatifs conviennent mal à ce compte.

Plafonds de cotisation au CELI par année

Le plafond annuel a changé plusieurs fois depuis le lancement du CELI en 2009. Voici l'historique complet.

Au total, une personne qui avait 18 ans ou plus en 2009, et qui a été résidente canadienne chaque année depuis, a accumulé 109 000 $ de droits (en date de juillet 2026), avant de compter les retraits rajoutés. C'est une enveloppe libre d'impôt considérable, et la plupart des Canadiens n'en ont utilisé qu'une fraction.

Plafonds annuels de cotisation au CELI par année (en date de juillet 2026)
AnnéesPlafond annuel
2009 à 20125 000 $ par année
2013 à 20145 500 $ par année
201510 000 $
2016 à 20185 500 $ par année
2019 à 20226 000 $ par année
20236 500 $
2024 à 20267 000 $ par année

Nouveaux arrivants : vos droits commencent à votre arrivée

Ce point surprend beaucoup de nouveaux arrivants, dans les deux sens. Vos droits de cotisation au CELI commencent à s'accumuler l'année où vous devenez résident canadien avec un NAS valide, pas l'année de vos 18 ans. L'âge seul ne donne rien; c'est la résidence qui compte.

Prenons une personne qui a immigré au Canada en 2024 à 35 ans. Ses droits correspondent aux plafonds de 2024, 2025 et 2026 : 7 000 $ chacun, pour un total de 21 000 $ (en date de juillet 2026). Ce n'est pas les 109 000 $ qu'aurait un résident de longue date du même âge. Cotiser comme si le montant maximal s'appliquait déclencherait une pénalité douloureuse sur environ 88 000 $ d'excédent.

Les mêmes règles s'appliquent ensuite : les droits inutilisés se reportent, et les retraits sont rajoutés le mois de janvier suivant. Et si vous quittez le Canada plus tard, vous pouvez conserver votre CELI, qui reste libre d'impôt au Canada, mais vous n'accumulez aucun nouveau droit pour les années de non-résidence, et les cotisations faites comme non-résident sont imposées à 1 % par mois.

La pénalité pour cotisation excédentaire : 1 % par mois

L'Agence du revenu du Canada (ARC) impose une taxe de 1 % par mois sur l'excédent le plus élevé dans votre CELI, pour chaque mois où l'excédent demeure. C'est 12 % sur une base annuelle, ce qui dépasse la plupart des rendements de placement. Un excédent de 10 000 $ coûte 100 $ pour chaque mois où il reste dans le compte.

La pénalité s'applique jusqu'à ce que vous retiriez l'excédent ou que de nouveaux droits (au 1er janvier suivant) l'absorbent. Si vous découvrez une cotisation excédentaire, retirez l'excédent immédiatement; vous pourrez ensuite demander à l'ARC d'annuler la taxe s'il s'agissait d'une erreur raisonnable et que vous avez agi rapidement. La meilleure défense est simple : tenez votre propre registre de cotisations et de retraits, parce que le chiffre en ligne de l'ARC peut accuser des mois de retard.

Sachez que l'ARC l'apprend généralement tard. Les institutions financières ne déclarent l'activité CELI qu'une fois par année, alors une cotisation excédentaire faite au printemps peut ne générer une lettre de l'ARC que l'été suivant, après qu'un an ou plus de pénalités mensuelles s'est accumulé en silence. Ne présumez pas que le silence signifie que tout va bien.

CELI ou REER, en bref

Les deux comptes sont des images inversées. Le REER donne une déduction d'impôt maintenant et impose chaque retrait plus tard. Le CELI ne donne aucune déduction maintenant et n'impose rien plus tard. Mathématiquement, le gagnant dépend de votre taux d'imposition aujourd'hui par rapport à votre taux au moment de retirer l'argent.

Le CELI tend à gagner si votre revenu est modeste aujourd'hui, si vous prévoyez être dans une tranche d'imposition plus élevée plus tard, ou si vous voulez un accès souple à votre argent avant la retraite. Le REER tend à gagner pour les hauts salariés qui prendront leur retraite dans une tranche plus basse.

Le CELI a un deuxième avantage qui compte énormément à la retraite : les retraits ne comptent pas comme un revenu. Ils ne peuvent pas vous pousser vers la récupération de la SV et ils ne réduisent pas les prestations fondées sur le revenu comme le Supplément de revenu garanti ou le crédit de TPS. Les retraits d'un REER ou d'un FERR font tout cela. Pour les aînés à faible revenu en particulier, le CELI est souvent nettement le meilleur véhicule.

Deux pièges fiscaux à connaître

Les dividendes américains perdent 15 % dans un CELI. La convention fiscale Canada-États-Unis exempte les REER de la retenue d'impôt américaine sur les dividendes, mais elle ne reconnaît pas le CELI. Les dividendes d'actions américaines ou de FNB inscrits aux États-Unis détenus dans un CELI subissent une retenue américaine de 15 %, sans aucun moyen de la récupérer. Les gains en capital sur les actions américaines ne sont pas touchés; seuls les dividendes le sont. C'est un frein modeste, pas une raison d'éviter les actions américaines, mais si vous détenez les deux types de comptes, les titres américains à dividendes se logent souvent mieux dans le REER.

Le day trading peut annuler l'abri fiscal. Si vous négociez assez fréquemment et activement pour que l'ARC considère que vous exploitez une entreprise, les profits dans votre CELI peuvent être imposés comme un revenu d'entreprise, au taux plein. L'ARC examine la fréquence des transactions, les périodes de détention, votre connaissance des marchés et le temps consacré. Acheter et conserver, rééquilibrer ou faire des transactions occasionnelles ne pose aucun problème. Exploiter une opération de négociation à haute fréquence dans votre CELI, oui.

Transferts, conjoints et décès

Déplacer un CELI d'une institution à une autre se fait d'une bonne et d'une mauvaise façon. La bonne : un transfert direct enregistré, où la nouvelle institution rapatrie le compte au moyen d'un formulaire de transfert. Ainsi, rien ne compte comme un retrait ni comme une cotisation. La mauvaise : retirer l'argent vous-même et le redéposer dans la nouvelle institution. Cela compte comme un retrait plus une toute nouvelle cotisation, et si vous n'avez pas assez de droits inutilisés, vous venez de créer une cotisation excédentaire. Plusieurs institutions remboursent les frais de transfert de l'ancienne institution si vous le demandez.

Les conjoints bénéficient ici d'une souplesse rare. Normalement, donner de l'argent à votre conjoint pour investir déclenche des règles d'attribution qui vous réimposent le revenu. Le CELI fait exception : vous pouvez librement donner de l'argent à votre conjoint ou conjoint de fait pour qu'il cotise à son propre CELI, sans attribution. Un conjoint à revenu élevé peut ainsi financer les droits des deux partenaires.

Au décès, le formulaire rempli à l'ouverture du compte prend toute son importance. Désigner votre conjoint ou conjoint de fait comme titulaire remplaçant signifie que le CELI entier lui est transféré intact, conserve son statut libre d'impôt et n'utilise aucun de ses propres droits. Le désigner (ou désigner quelqu'un d'autre) comme simple bénéficiaire signifie qu'il reçoit la valeur au décès libre d'impôt, mais que toute croissance après le décès devient imposable, et l'espace libre d'impôt disparaît. Pour les couples, le titulaire remplaçant est presque toujours le meilleur choix, et la vérification prend deux minutes.

Que devriez-vous détenir dans un CELI?

Le compte est assez souple pour servir de fonds d'urgence, de mise de fonds pour une maison ou de fonds de retraite, et ce que vous y détenez devrait correspondre à l'objectif. L'argent dont vous pourriez avoir besoin d'ici un an ou deux appartient à l'épargne à intérêt élevé ou aux CPG courts, où une baisse des marchés ne peut pas lui nuire. L'argent qui a une décennie ou plus devant lui est habituellement mieux servi par des placements diversifiés comme des FNB de marché large, parce que c'est là que la croissance composée libre d'impôt travaille le plus fort.

L'intuition est la suivante : l'abri ne vaut que l'impôt qu'il évite. De l'encaisse qui rapporte 1,5 % vous évite l'impôt sur 1,5 %, c'est-à-dire des miettes. Un portefeuille qui compose à 6 % pendant 25 ans génère des gains énormes et, dans un CELI, chaque dollar de ces gains vous revient. Des millions de Canadiens laissent leur CELI entier dans de l'épargne à faible intérêt par défaut : c'est légal, c'est sûr, et c'est un vrai gaspillage de l'abri fiscal le plus généreux qu'on leur offrira jamais.

Au Canada

Le CELI est une création typiquement canadienne, annoncée dans le budget fédéral de 2008 et lancée en 2009. Son plus proche cousin américain est le Roth IRA, mais la version canadienne est plus généreuse sur des points importants : aucun plafond de revenu qui réduit votre capacité de cotiser, aucune exigence de revenu gagné, et aucune restriction ni pénalité sur les retraits, à tout âge. Chaque adulte résident canadien reçoit les mêmes droits, qu'il gagne 0 $ ou 500 000 $.

Exemple concret

Sarah, 40 ans, est résidente canadienne depuis avant 2009 et a cotisé chaque dollar de ses 109 000 $ de droits (en date de juillet 2026). Grâce à la croissance, son CELI vaut 160 000 $, entièrement à l'abri de l'impôt. En juin 2026, elle retire 30 000 $ pour une rénovation. Ses droits disponibles aujourd'hui sont de 0 $, parce que les 30 000 $ ne reviennent que le 1er janvier 2027.

En novembre 2026, la rénovation coûte moins cher que prévu et elle redépose 20 000 $ dans son CELI. C'est une cotisation excédentaire de 20 000 $, et la pénalité est de 1 % par mois : 200 $ pour novembre et 200 $ pour décembre, 400 $ au total, jusqu'à ce que le 1er janvier efface l'excédent. Si elle avait simplement attendu janvier 2027, elle aurait pu recotiser les 30 000 $ au complet, plus les nouveaux droits annuels de 7 000 $, sans pénalité.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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