Règles d'attribution

Attribution Rules en anglais

Définition rapide

Les règles d'attribution sont les dispositions de l'ARC qui réattribuent le revenu de placement à la personne qui a fourni l'argent. Donnez de l'argent à votre conjoint ou à un enfant mineur pour investir, et le revenu (et, pour le conjoint, les gains en capital) est généralement imposé dans votre déclaration, pas la leur.

Pourquoi ces règles existent et ce qu'elles visent

Le Canada impose les individus, pas les ménages. Un couple où une personne gagne 200 000 $ et l'autre rien paie beaucoup plus d'impôt qu'un couple gagnant 100 000 $ chacun, parce que le revenu du haut salarié loge dans des tranches élevées, à un taux d'imposition marginal abrupt. La solution évidente serait de remettre l'argent à investir au conjoint au revenu plus faible et de laisser les rendements être imposés à son bas taux. Les règles d'attribution existent précisément pour bloquer cette manœuvre.

Les règles de base : l'argent donné à un époux ou conjoint de fait fait réattribuer au donateur à la fois le revenu (intérêts, dividendes, loyers) et les gains en capital qu'il produit, comme si le transfert n'avait jamais eu lieu. L'argent donné à un enfant mineur, petit-enfant, neveu ou nièce fait réattribuer le revenu, mais pas les gains en capital. Et les prêts à l'un ou l'autre groupe à un taux inférieur au taux prescrit de l'ARC entraînent la même attribution : prêter à taux zéro ne règle rien. Voyez l'impôt sur les gains en capital pour l'imposition finale des gains attribués.

Les exceptions qui rendent la planification possible

Le cœur utile du sujet n'est pas les règles, mais les ouvertures qu'elles laissent délibérément. Chacune de celles-ci est une façon pleinement légitime de faire imposer le revenu de placement entre les mains du conjoint au revenu plus faible :

  • Les cotisations à un REER de conjoint. Le REER de conjoint est un outil de fractionnement sanctionné : une fois les retraits sortis de sa règle de 3 ans, ils sont imposés à votre conjoint, sans attribution.
  • Les dons pour le CELI du conjoint. Donnez à votre conjoint de l'argent à cotiser à son propre CELI et l'attribution ne s'applique pas tant que l'argent y reste, puisque le revenu d'un CELI n'est imposable pour personne. C'est la stratégie la plus propre de la liste.
  • Le haut salarié paie les factures. L'attribution suit le capital donné, pas la comptabilité du ménage. Si le conjoint au revenu élevé paie le loyer, l'épicerie et les impôts pendant que l'autre investit son propre salaire, chaque dollar de revenu de placement est imposé au bas taux. Même flux d'argent, aucune attribution.
  • Les prêts au taux prescrit. Prêtez à votre conjoint au taux prescrit de l'ARC (fixé chaque trimestre; vérifiez le taux courant), avec des intérêts réellement payés chaque année au plus tard le 30 janvier, et l'attribution est désactivée. Le rendement au-delà des intérêts est imposé à l'emprunteur, et le taux en vigueur à la signature reste figé pour la durée du prêt.
  • Le revenu de deuxième génération. L'attribution vise le revenu gagné sur le capital donné, pas le revenu gagné sur ce revenu. Le revenu attribué puis réinvesti compose entre les mains du bénéficiaire : même un transfert imparfait s'améliore avec le temps.
  • Les enfants majeurs. Les dons aux enfants de 18 ans et plus n'entraînent aucune attribution. Une mise en garde : le régime distinct de l'IRF (impôt sur le revenu fractionné) peut quand même imposer un enfant majeur au taux maximal sur les dividendes d'une société privée et les montants semblables.

Enfants mineurs : la brèche des gains en capital

L'asymétrie pour les mineurs mérite d'être exploitée délibérément. Comme les gains en capital sur les actifs donnés à un mineur ne sont pas attribués, des placements de croissance détenus pour un enfant, dans un compte en fidéicommis informel par exemple, peuvent composer avec les gains imposés à l'enfant, qui ne paie habituellement rien; seuls les intérêts et dividendes vous reviennent. La même logique explique en partie l'efficacité des REEE : la croissance d'un REEE est imposée à l'étudiant au retrait, pas au cotisant.

Les règles cessent aussi de s'appliquer dans d'autres situations : au divorce ou à la séparation, au décès du donateur, ou si le bénéficiaire cesse d'être résident canadien. Et l'attribution visant un mineur prend fin l'année de ses 18 ans.

Au Canada

Les règles d'attribution sont fédérales, et le Québec applique la même logique dans la déclaration provinciale : aucune province ne laisse passer le simple don. Les conjoints de fait sont traités comme des époux dès qu'ils répondent à la définition fiscale. Depuis le creux de 1 % de l'ère pandémique, le taux prescrit a suivi les taux d'intérêt, ce qui explique pourquoi la planification par prêt au taux prescrit passe de mode et y revient; le taux du prêt est figé à la signature, alors ces montages se mettent typiquement en place quand le taux est bas. Manquez le paiement d'intérêts du 30 janvier ne serait-ce qu'une fois et l'attribution s'applique au prêt à partir de là, de façon permanente : automatisez le paiement.

Exemple concret

Nadia gagne 250 000 $ et son conjoint Paul gagne 15 000 $. Nadia remet 100 000 $ à Paul pour investir, et le portefeuille rapporte 5 000 $ par année. Comme c'était un don, les 5 000 $ au complet, revenu et gains en capital confondus, sont réattribués à Nadia et imposés à son taux maximal : environ la moitié part en impôt. Le transfert n'a rien accompli.

À la place, Nadia prête les 100 000 $ à Paul avec une entente de prêt signée au taux prescrit. Supposons un taux de 3 % à la signature (un chiffre hypothétique; l'ARC fixe le taux réel chaque trimestre). Paul verse à Nadia 3 000 $ d'intérêts au plus tard le 30 janvier chaque année; elle les déclare comme revenu, il les déduit. Le rendement de 5 000 $ du portefeuille, moins les 3 000 $ d'intérêts, laisse 2 000 $ imposés à Paul à un taux presque nul, et chaque dollar futur de croissance au-delà du 3 % figé appartient aussi à ses tranches basses. Avec un portefeuille plus gros ou un écart de taux plus large, l'économie annuelle grossit d'autant.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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