REER de conjoint

Spousal RRSP en anglais

Définition rapide

Un REER de conjoint appartient à votre conjoint ou conjoint de fait, mais est financé avec votre argent et vos droits de cotisation. Vous prenez la déduction maintenant à votre taux; votre conjoint paie l'impôt sur les retraits plus tard, habituellement à un taux plus bas.

Comment fonctionne un REER de conjoint

Le REER de conjoint inverse le montage habituel du REER. Vous versez la cotisation et réclamez la déduction dans votre propre déclaration, à votre propre taux marginal d'imposition. Mais le compte appartient à votre conjoint ou conjoint de fait : il en est propriétaire, il contrôle les placements, et quand l'argent sort à la retraite, il est imposé entre ses mains, à son taux.

Cette dernière partie est tout l'intérêt. Si vous gagnez beaucoup plus que votre conjoint, vous obtenez une déduction à un taux élevé aujourd'hui, et les retraits éventuels sont imposés au taux plus bas de votre conjoint. L'écart entre les deux taux est une économie d'impôt pure, ce qui fait du REER de conjoint l'un des rares outils de fractionnement du revenu de retraite pleinement permis par le régime fiscal canadien.

Une règle que les gens inversent constamment : le REER de conjoint utilise vos droits de cotisation, pas ceux de votre conjoint. Vos cotisations combinées à votre propre REER et à tout REER de conjoint ne peuvent pas dépasser vos droits personnels. Les droits de votre conjoint restent intacts, et il peut toujours cotiser pleinement à son propre REER en plus. Vous pouvez ouvrir un REER de conjoint dans toute banque, caisse ou maison de courtage qui offre des REER ordinaires; les documents désignent simplement un conjoint comme propriétaire et l'autre comme cotisant.

La règle d'attribution de 3 ans : le piège

Voici la règle qui prend les gens au piège. Si votre conjoint retire du REER de conjoint dans l'année civile d'une cotisation au régime, ou dans l'une des deux années civiles suivantes, le retrait est imposé entre vos mains, pas les siennes, jusqu'à concurrence des montants cotisés dans cette fenêtre. L'ARC appelle cela l'attribution, et la règle existe précisément pour empêcher les couples de faire transiter de l'argent par le conjoint au revenu plus faible pour un allègement fiscal rapide. La règle vise vos cotisations à tout REER de conjoint pour ce conjoint, pas seulement le compte d'où provient le retrait, et tout retrait au-delà des cotisations récentes reste imposé à votre conjoint.

Deux conséquences pratiques en découlent. D'abord, toute nouvelle cotisation redémarre le compteur pour les montants visés : si des retraits approchent, cessez de cotiser bien à l'avance. Ensuite, comme la règle compte des années civiles et non des mois, cotiser en décembre raccourcit l'attente de près d'un an. Une cotisation en décembre 2026 échappe à l'attribution dès le 1er janvier 2029, à peine plus de deux ans plus tard. La même cotisation en janvier 2026 attend la même date, presque trois années complètes.

Qui en profite vraiment

Le REER de conjoint brille pour les couples avec un grand écart de revenus qui prévoient prendre leur retraite avant 65 ans. Depuis 2007, le fractionnement du revenu de pension permet de transférer jusqu'à 50 % du revenu de FERR et de pensions semblables à votre conjoint à partir de 65 ans, ce qui accomplit en grande partie le même travail automatiquement. Avant 65 ans, cet outil est largement inaccessible, et le REER de conjoint devient le principal moyen de faire imposer le revenu de retraite entre les mains du conjoint au revenu plus faible. Il fractionne aussi 100 % des sommes que vous y dirigez, pas seulement 50 %. L'objectif final : deux revenus de retraite de taille semblable imposés dans deux séries de tranches basses, plutôt qu'un gros revenu imposé dans les tranches élevées.

Un point de planification méconnu : les cotisations sont permises jusqu'à la fin de l'année où votre conjoint atteint 71 ans, même si vous avez déjà dépassé 71 ans et que votre propre REER a été converti ou fermé. Un cotisant plus âgé avec des droits inutilisés, ou de nouveaux droits provenant d'un revenu de travail, peut continuer à déduire des cotisations pendant des années en les dirigeant vers le régime d'un conjoint plus jeune.

En cas de séparation ou de divorce, la règle d'attribution cesse généralement de s'appliquer dès que vous vivez séparés en raison de la rupture, et le compte reste simplement au conjoint qui en est propriétaire.

Au Canada

Les conjoints de fait qui répondent à la définition fiscale (généralement 12 mois de cohabitation continue, ou un enfant en commun) peuvent utiliser le REER de conjoint exactement comme les couples mariés, et les règles sont les mêmes dans toutes les provinces, y compris au Québec. Les cotisations versées dans les 60 premiers jours d'une année peuvent être déduites dans la déclaration de l'année précédente, comme pour un REER ordinaire, mais attention à l'interaction avec l'attribution : l'année de déduction et l'année civile de la cotisation ne sont pas la même chose, et l'attribution se calcule sur l'année civile. Les reçus de cotisation des régimes de conjoint identifient à la fois le cotisant et le propriétaire, c'est ainsi que l'ARC applique la règle d'attribution, alors gardez vos documents en ordre.

Exemple concret

Priya gagne 120 000 $ en Ontario; son conjoint Sam prévoit environ 40 000 $ de revenu de retraite. À ces revenus (en date de juillet 2026), le taux marginal de Priya est d'environ 43,4 % et celui de Sam d'environ 19,05 %. Priya cotise 10 000 $ à un REER de conjoint au nom de Sam, en utilisant 10 000 $ de ses propres droits, et économise environ 4 341 $ d'impôt immédiatement. Des années plus tard, une fois la fenêtre d'attribution passée, Sam retire ces 10 000 $ et paie environ 1 905 $. Les mêmes dollars imposés au taux de Sam plutôt qu'à celui de Priya laissent le couple avec environ 2 436 $ de plus, avant même de compter des décennies de croissance à l'abri de l'impôt sur le montant complet.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

Retour au Dictionnaire financier