Produit dérivé

Derivative en anglais

Définition rapide

Un produit dérivé est un contrat dont la valeur découle d'autre chose : une action, un taux d'intérêt, une devise, un baril de pétrole. Les grandes familles sont les options, les contrats à terme, les contrats de gré à gré et les swaps, utilisés pour éliminer un risque ou pour parier dessus.

Un contrat qui porte sur autre chose

Un produit dérivé ne possède rien par lui-même. C'est un contrat entre deux parties dont le paiement se calcule à partir du prix d'un sous-jacent : une action, un rendement obligataire, un taux de change, une matière première. Le sous-jacent bouge, la valeur du contrat bouge avec lui, habituellement de façon amplifiée. Quatre familles couvrent à peu près tout :

  • Les [options](/dictionary/options) donnent à une partie le droit, mais non l'obligation, d'acheter ou de vendre le sous-jacent à un prix fixé avant une date fixée. L'acheteur paie une prime pour cette flexibilité.
  • Les contrats à terme (futures) verrouillent aujourd'hui un prix pour un achat ou une vente qui aura lieu à une date future, sous forme de contrats standardisés négociés en bourse. Les deux parties sont engagées; aucune ne peut se retirer.
  • Les contrats de gré à gré (forwards) reprennent la même idée de prix futur verrouillé, mais en entente privée et sur mesure entre deux parties, la forme qu'utilisent les banques quand une entreprise veut fixer un taux de change pour un paiement attendu dans six mois.
  • Les swaps sont des flux de paiements échangés : deux parties conviennent de troquer une série de paiements contre une autre, le plus souvent un taux d'intérêt fixe contre un taux flottant. Une entreprise inquiète d'une hausse des taux peut échanger ses paiements flottants sans toucher au prêt lui-même.

Les deux visages : couverture et spéculation

Les produits dérivés existent parce que des entreprises voulaient se débarrasser de risques qu'elles n'avaient jamais demandés. Une compagnie aérienne verrouille le prix de son carburant avec des contrats à terme pour qu'une flambée ne ruine pas son année. Un exportateur payé en dollars américains verrouille le taux de change avec un contrat de gré à gré pour qu'une secousse de devise n'efface pas sa marge. Un agriculteur vend sa récolte de l'automne à un prix fixé au printemps. Chaque fois, le dérivé transfère un risque de quelqu'un qui ne peut pas se le permettre vers quelqu'un prêt à le porter contre rémunération. La version grand public est le FNB couvert contre le risque de change, qui utilise des contrats de gré à gré pour retirer le risque de change des placements étrangers.

Les mêmes contrats servent tout aussi bien à l'objectif inverse. Parce qu'ils permettent de contrôler une grosse exposition avec une petite mise, les dérivés sont l'instrument naturel des paris à effet de levier sur une direction : une action, un taux, une devise, une matière première. Le contrat ne sait pas s'il est une assurance ou une gageure; seule la position qui l'entoure le dit.

Là où vous touchez déjà à des dérivés

La plupart des Canadiens détiennent des dérivés sans jamais avoir passé un ordre sur dérivés. Tout fonds couvert contre le risque de change gère un carnet roulant de contrats de gré à gré. Les FNB de vente d'options couvertes vendent des options sur leurs portefeuilles et versent les primes en distributions. Un CPG lié au marché, celui qui promet votre dépôt plus « une part de la croissance boursière », est une obligation agrafée à une option sous le capot, et c'est exactement ce qui lui permet de garantir le capital. Même une garantie de taux hypothécaire est une petite option gratuite : le prêteur doit honorer le taux verrouillé si les taux montent, et vous prenez simplement le meilleur taux s'ils baissent.

Pourquoi ils font peur, et la règle simple

Trois ingrédients font leur réputation. L'effet de levier : de petits mouvements de prix produisent de gros gains et de grosses pertes. Les chaînes de contreparties : la faillite d'une partie peut se propager à d'autres qui se croyaient à l'abri, une dynamique qui a joué un rôle central dans la crise financière de 2008. La complexité : des produits empilés peuvent cacher des risques que même leurs acheteurs, et parfois leurs vendeurs, ne comprennent pas entièrement.

Rien de tout cela ne rend les dérivés maléfiques; se couvrir avec eux est l'un des gestes les plus prudents qu'une entreprise puisse poser. La règle simple pour un ménage est plus courte encore : si vous ne pouvez pas expliquer le paiement, ne le détenez pas directement. Détenir un fonds couvert contre le change dont le gestionnaire gère les contrats est sensé; détenir un contrat dont le comportement vous surprend ne l'est pas.

Au Canada

Les dérivés cotés du Canada, options et contrats à terme sur actions, indices et taux d'intérêt, se négocient à la Bourse de Montréal, et les courtiers réglementés par l'OCRI encadrent l'accès des particuliers par des niveaux d'approbation d'options et des exigences de marge. En pratique, l'exposition aux dérivés de la plupart des ménages canadiens arrive préemballée : fonds couverts contre le change, FNB de vente d'options couvertes et CPG liés au marché, où un professionnel gère les contrats et où le travail de l'investisseur est de comprendre ce qui a été acheté en son nom.

Exemple concret

Un fabricant de pièces québécois attend un paiement de 500 000 dollars américains dans six mois. Au taux illustratif d'aujourd'hui de 1,35, cela vaut 675 000 $ canadiens, mais si le dollar américain glisse à 1,25 d'ici le paiement, le même chèque fond à 625 000 $, effaçant presque tout le profit de la commande. L'entreprise signe un contrat de gré à gré avec sa banque pour vendre 500 000 dollars américains dans six mois à 1,34. Peu importe ce que fait la devise, elle sait maintenant qu'elle recevra 670 000 $. Si le taux finit à 1,42, l'entreprise a renoncé à une aubaine; ce gain sacrifié était le prix de six mois de sommeil tranquille malgré les manchettes sur les devises.

Révisé par ·Mis à jour août 2026

Questions fréquentes

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