Risque de change

Currency Risk en anglais

Définition rapide

Le risque de change est la possibilité que les mouvements du taux de change modifient la valeur en dollars canadiens de vos placements étrangers, indépendamment du rendement des placements eux-mêmes. Tout placement américain ou international non couvert le porte, pour le meilleur ou pour le pire.

Deux rendements dans un seul placement

Quand vous détenez un actif étranger, deux choses bougent en même temps : le prix de l'actif dans sa propre devise, et le taux de change entre cette devise et la vôtre. Votre rendement total en dollars canadiens est à peu près le rendement de l'actif plus le rendement de la devise.

Disons qu'une action américaine gagne 10 % en dollars américains sur un an, mais que le dollar américain recule de 5 % face au huard. En dollars canadiens, vous avez gagné environ 10 % moins 5 %, donc à peu près 5 %. Inversez le mouvement de la devise et la même action livre environ 15 % en dollars canadiens. L'action a fait exactement la même chose dans les deux cas; c'est la devise qui a décidé de la part que vous gardez. Cette deuxième couche de rendement, bonne ou mauvaise, c'est le risque de change.

Fonds couverts vs non couverts

Les fournisseurs de fonds offrent la plupart des grands fonds d'actions américaines et internationales en deux versions. Un FNB ou fonds couvert contre le risque de change utilise des contrats de devises pour neutraliser les mouvements du taux de change : votre rendement suit le rendement local du marché étranger. La couverture est imparfaite en pratique et entraîne un léger frein de coût permanent, mais elle fait son travail principal : les errances du huard cessent en grande partie de compter. Un fonds non couvert détient simplement les actifs étrangers : vous obtenez le rendement de l'actif plus l'effet de change au complet, dans les deux directions.

Le conseil pratique au Canada est assez équilibré. Sur de longs horizons, les mouvements de devises ont eu tendance à s'annuler alors que les coûts de couverture se cumulent année après année : beaucoup d'investisseurs à long terme détiennent donc leurs actions américaines et internationales non couvertes et acceptent les secousses. La couverture convient aux horizons plus courts, où une variation de devise pourrait tomber exactement au mauvais moment, et aux investisseurs qui ne tolèrent tout simplement pas la volatilité supplémentaire.

Pour les obligations étrangères, le calcul s'inverse : la couverture est la pratique standard. Les rendements obligataires sont petits et réguliers, et une devise non couverte peut bouger plus en un mois que ce que les obligations rapportent en un an, noyant la stabilité même pour laquelle on détient des obligations. La plupart des fonds canadiens d'obligations étrangères se couvrent par défaut exactement pour cette raison.

Le dollar américain, diversificateur accidentel

Le risque de change n'est pas qu'un coût. Dans les paniques mondiales, l'argent tend à se précipiter vers le dollar américain pendant que les devises liées aux matières premières comme le huard reculent : la valeur en dollars canadiens des placements américains non couverts baisse alors souvent moins que le marché américain lui-même, et parfois à peine. La devise agit comme un amortisseur précisément quand on en veut un. Ce schéma est général plutôt que garanti, mais c'est une des raisons pour lesquelles l'exposition américaine non couverte a historiquement ajouté une couche discrète de diversification aux portefeuilles canadiens.

Comment savoir si votre fonds se couvre

Le nom du fonds le dit habituellement : cherchez « couvert en dollars canadiens », « CAD-hedged » ou un symbole distinct réservé à la version couverte. Quand le nom est ambigu, l'aperçu du fonds ou la fiche du FNB indique clairement si l'exposition aux devises est couverte. Bien des Canadiens détiennent des fonds couverts sans le savoir, ou supposent qu'un fonds d'actions américaines inscrit au Canada est couvert alors qu'il ne l'est pas : une vérification de deux minutes en vaut la peine.

Au Canada

Le risque de change pèse plus lourd pour les Canadiens que pour les investisseurs de la plupart des pays, parce qu'un portefeuille canadien sensé détient beaucoup d'actifs étrangers : le Canada ne représente que quelques pour cent du marché boursier mondial, et l'essentiel d'un portefeuille mondialement diversifié se trouve à l'extérieur, surtout en dollars américains. Les fournisseurs de fonds canadiens ont répondu en inscrivant côte à côte des versions couvertes et non couvertes de presque tous les grands fonds d'actions étrangères, un choix que les investisseurs de bien des pays ne se voient jamais offrir.

Exemple concret

Priya investit 20 000 $ dans un FNB indiciel américain non couvert. Pendant l'année, le marché américain gagne 10 % en dollars américains, mais le dollar américain s'affaiblit de 5 % face au huard. Son placement vaut environ 21 000 $ en dollars canadiens, un gain d'environ 5 %. Son ami Sam détient la version couverte du même fonds et obtient près du 10 % complet, moins un léger frein de couverture.

L'année suivante, le schéma s'inverse : le marché américain gagne 5 % et le dollar américain se renforce de 8 %. Priya gagne environ 13 % pendant que Sam obtient encore autour de 5 %. Sur les deux années, ils arrivent à peu près au même endroit par des chemins différents, ce qui résume honnêtement la décision de couverture pour l'investisseur en actions à long horizon.

Révisé par ·Mis à jour août 2026

Questions fréquentes

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