Obligation
Bond en anglais
Définition rapide
Une obligation est un prêt que vous consentez à un gouvernement ou à une société. En échange, l'émetteur vous verse des intérêts selon un calendrier fixe, les coupons, et rembourse la pleine valeur nominale du titre à une date d'échéance déterminée.
Un prêt où les rôles sont inversés
Avec une obligation, c'est vous le prêteur. Un gouvernement ou une société emprunte votre argent pour un nombre d'années déterminé, vous verse des intérêts en cours de route et vous rend le capital à la fin. Les versements d'intérêts s'appellent des coupons, fixés à l'émission et payés deux fois par année au Canada. Le montant remboursé à l'échéance est la valeur nominale, habituellement en multiples de 1 000 $.
Parce que les flux sont inscrits dans un contrat, une obligation est beaucoup plus prévisible qu'une action. Conservez-la jusqu'à l'échéance et vous savez exactement ce que vous recevrez, et quand. La seule vraie question est de savoir si l'émetteur restera solvable, d'où l'importance de l'identité de l'emprunteur. Cette prévisibilité fait des obligations le pilier du volet prudent de la plupart des portefeuilles.
Les échéances vont de 1 an jusqu'à 30 ans et plus; tout ce qui est plus court appartient au monde distinct du bon du Trésor. Les obligations courtes se comportent presque comme de l'argent comptant, les longues oscillent fortement quand les taux bougent, et bien des investisseurs coupent la poire en deux en répartissant leurs achats sur plusieurs échéances dans une échelle d'obligations, de sorte qu'un titre arrive à échéance, prêt à être réinvesti ou dépensé, à intervalles réguliers.
Qui émet des obligations au Canada
Les émetteurs canadiens s'alignent sur un spectre allant du solide comme le roc au spéculatif, et les rendements montent à mesure qu'on avance :
- Les obligations du gouvernement du Canada servent de référence à tout le reste. Ce sont les titres les plus sûrs et les plus négociés au pays, toutes les autres obligations canadiennes se négocient à un écart au-dessus d'elles, et le rendement des obligations fédérales de 5 ans est l'ancrage des taux des hypothèques à taux fixe.
- Les obligations provinciales, l'Ontario et le Québec en tête comme plus gros émetteurs, paient un peu plus qu'Ottawa pour compenser un risque légèrement plus élevé et un marché moins liquide.
- Les obligations municipales proviennent des villes et des organismes régionaux, un marché plus petit et moins liquide qui paie un peu plus que les provinciales.
- Les obligations de sociétés de qualité investissement, émises par les banques, les services publics, les chemins de fer et les télécoms, paient encore davantage en échange d'un vrai risque de crédit.
- Les obligations à rendement élevé proviennent d'emprunteurs plus fragiles et paient le plus, parce que pour ces émetteurs, le défaut est une possibilité réelle et non une note de bas de page.
Comment on achète des obligations en pratique
Les obligations individuelles ne se négocient pas en bourse. Votre courtier les vend à partir d'un inventaire de courtier : on vous affiche un prix, vous l'acceptez ou non, et la rémunération du courtier est une majoration incorporée à ce prix plutôt qu'une commission visible. Cette majoration est difficile à voir et proportionnellement plus lourde sur les petits ordres, ce qui explique honnêtement pourquoi les obligations individuelles conviennent surtout aux gros portefeuilles.
Pour la plupart des Canadiens, la voie pratique est le FNB d'obligations. Un seul achat vous donne des centaines d'obligations, se négocie en bourse comme une action et s'occupe du réinvestissement des coupons moyennant des frais de gestion modestes. La contrepartie : un FNB d'obligations n'arrive jamais à échéance. Sa valeur fluctue indéfiniment avec les taux au lieu de converger vers un montant connu à une date connue.
Le substitut de détail est le CPG. Aux montants typiques des particuliers, les CPG paient souvent autant sinon plus que des obligations de même durée, ils sont couverts par l'assurance de la SADC jusqu'à 100 000 $ par catégorie (en date de juillet 2026), et il n'y a aucune majoration à surveiller. Ce que vous sacrifiez, c'est la flexibilité : la plupart des CPG ne peuvent pas être vendus avant l'échéance, et la valeur d'un CPG ne monte jamais quand les taux baissent, alors que celle d'une obligation, oui. Pour de l'argent rattaché à une date connue, l'échange est souvent équitable; pour de l'argent qui pourrait devoir bouger, non.
La balançoire des prix et des taux
Le coupon d'une obligation est figé, mais les taux du marché, eux, bougent. Quand les taux montent, les nouvelles obligations paient davantage, alors les anciennes, aux coupons plus maigres, doivent se vendre moins cher pour rester compétitives. Quand les taux baissent, les vieilles obligations aux coupons généreux deviennent recherchées et leur prix grimpe. Le prix et le rendement évoluent toujours en sens contraire.
Le chiffre unique qui résume tout l'arbitrage est le rendement à l'échéance : le rendement annuel global qu'implique le prix d'aujourd'hui si vous conservez jusqu'au bout. Cet article couvre les calculs. Ce qu'il faut retenir ici est plus simple : une obligation achetée et conservée jusqu'à l'échéance livre exactement ce qui était promis, peu importe ce que fait son prix entre-temps.
Les trois risques
Les obligations sont plus sûres que les actions, pas sans risque. Trois risques comptent :
- Le risque de défaut : l'émetteur ne paie pas. Les obligations du gouvernement du Canada en sont considérées à peu près exemptes; pour tous les autres, les cotes de crédit (AAA jusqu'au plancher BBB de la qualité investissement, puis le rendement élevé) résument le danger en quelques lettres.
- Le risque de taux d'intérêt : les taux montent et le prix de votre obligation baisse. Les obligations longues oscillent plus fort, et la duration mesure exactement à quel point.
- Le risque d'inflation : les dollars d'une obligation sont fixes, alors une inflation imprévue gruge en silence le pouvoir d'achat de chaque coupon et du capital lui-même. C'est le risque qui fait le plus souvent mal aux détenteurs d'obligations « sûres ».
Obligations vs CPG vs FNB d'obligations
Les trois principales façons pour les Canadiens de détenir du revenu fixe règlent des problèmes différents :
| Caractéristique | Obligation individuelle | CPG | FNB d'obligations |
|---|---|---|---|
| Valeur connue à une date fixée | Oui, la valeur nominale à l'échéance | Oui, capital plus intérêts | Non, il n'arrive jamais à échéance |
| Vente avant l'échéance | Oui, au prix du marché avec majoration du courtier | Habituellement bloqué jusqu'à l'échéance | Oui, en bourse tout jour de négociation |
| Minimum typique | Souvent 5 000 $ de valeur nominale | Couramment 500 $ | Le prix d'une part |
| Filet de sécurité | La solvabilité de l'émetteur seulement | Assurance SADC dans les limites prévues | La diversification, pas de SADC |
| Monte quand les taux baissent | Oui | Non | Oui |
Où loger ses obligations
Les intérêts d'obligations sont pleinement imposables à votre taux marginal, sans le traitement avantageux réservé aux gains en capital ou aux dividendes canadiens. Les obligations logent donc de préférence dans les comptes enregistrés, un REER, un CELI ou l'équivalent, dès qu'il y a des droits disponibles. Acheter une obligation entre deux dates de coupon ajoute une subtilité fiscale dans les comptes non enregistrés, expliquée dans la note fiscale de l'article sur les intérêts courus.
Au Canada
Les obligations canadiennes suivent un ensemble de conventions uniformes : coupons versés semestriellement, intérêts courus comptés selon la convention Actual/Actual (Canada) et rendements cotés en composition semestrielle. Notre Calculateur d'obligations applique ces mêmes conventions, de sorte que ses résultats correspondent aux cotes des courtiers. Le marché lui-même est de gré à gré et animé par les courtiers, sans bourse centrale, ce qui explique que deux courtiers puissent afficher des prix légèrement différents pour la même obligation le même jour.
Le gouvernement fédéral vend ses nouvelles obligations lors d'adjudications régulières menées pour son compte par la Banque du Canada, et les rendements de référence à 2, 5, 10 et 30 ans sont publiés chaque jour. Ce sont ces rendements de référence, et non le taux directeur de la Banque du Canada, qui font bouger les taux hypothécaires fixes d'une semaine à l'autre, d'où des taux fixes qui changent parfois alors que la banque centrale n'a rien fait du tout.
Exemple concret
Vous achetez 10 000 $ de valeur nominale d'une obligation du gouvernement du Canada à coupon de 3 %, cotée 97,00. Vous payez 9 700 $ plus les intérêts courus. Deux fois par année, 150 $ arrivent dans votre compte, soit 300 $ par année au total.
À l'échéance, Ottawa rembourse la pleine valeur de 10 000 $, soit 300 $ de plus que ce que vous avez payé. En cours de route, le prix du titre a monté et baissé avec les taux, mais comme vous avez conservé jusqu'à l'échéance, rien de tout cela n'a compté : vous avez encaissé chaque coupon et la pleine valeur nominale, exactement comme le contrat le promettait au premier jour.
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour juillet 2026