Bonification du RPC

CPP Enhancement en anglais

Définition rapide

La bonification du RPC est l'expansion du Régime de pensions du Canada de 2019 à 2025 : des taux de cotisation plus élevés et un deuxième plafond de gains, le RPC2. En échange, la rente visée passe de 25 % à 33,33 % des gains moyens couverts pour une carrière complète aux nouveaux taux.

Pourquoi vos retenues du RPC ont augmenté

Si vos retenues sur la paie pour le RPC ont grimpé année après année, la bonification en est la raison. Avant 2019, le régime visait à remplacer environ 25 % de vos gains moyens couverts à la retraite. Les gouvernements ont jugé cette base trop mince pour les travailleurs sans régime d'employeur, alors ils ont déployé entre 2019 et 2025 une expansion qui porte la cible à 33,33 %, soit le tiers des gains couverts.

Une rente plus généreuse doit être financée, et le RPC est un régime contributif : les prestations supplémentaires sont payées par des cotisations supplémentaires de votre part et de celle de votre employeur, pas par les revenus fiscaux généraux. L'expansion s'est faite en deux phases, toutes deux maintenant pleinement en vigueur (en date de juillet 2026).

Phase 1 (2019 à 2023) : un taux plus élevé sur les mêmes gains

La première phase a fait passer le taux de cotisation de l'employé de 4,95 % à 5,95 % des gains entre l'exemption de base de 3 500 $ et le maximum des gains annuels ouvrant droit à pension, le MGAP. L'employeur verse la même part, et le travailleur autonome paie les deux. La hausse a été étalée sur cinq ans, un petit cran à la fois, ce qui explique pourquoi le RPC semblait prélever discrètement un peu plus chaque janvier.

Phase 2 (2024 à 2025) : le RPC2 et le nouveau plafond de gains

La deuxième phase a ajouté du neuf : une deuxième cotisation, appelée RPC2, sur une tranche de gains au-dessus du plafond traditionnel. En 2026, le MGAP est de 74 600 $, et un plafond supérieur, le MSGAP, se situe à 85 000 $ (en date de juillet 2026). Le MSGAP s'est établi à environ 114 % du MGAP. Les gains entre les deux plafonds portent maintenant une cotisation RPC2 de 4 % pour l'employé (égalée par l'employeur) et de 8 % pour le travailleur autonome.

Voici ce que cela donne pour une personne qui gagne 85 000 $ ou plus en 2026. Le RPC de base est de 5,95 % de (74 600 $ moins 3 500 $), soit 5,95 % de 71 100 $, ou 4 230,45 $. Le RPC2 ajoute 4 % de (85 000 $ moins 74 600 $), soit 4 % de 10 400 $, ou 416 $. Total des cotisations de l'employé : environ 4 646 $ pour l'année, l'employeur versant autant de son côté. Un travailleur autonome au même revenu paie les deux parts, environ 9 293 $.

Sous le MGAP, rien ne change : une personne qui gagne 60 000 $ ne paie aucun RPC2. Le deuxième plafond ne touche que la tranche entre 74 600 $ et 85 000 $. Votre feuillet T4 présente maintenant les cotisations de base et les cotisations RPC2 dans des cases distinctes, visibles au moment des impôts.

Qui en profite vraiment (réponse honnête)

La rente bonifiée se gagne comme la rente de base : en cotisant. Atteindre le plein taux de remplacement de 33,33 % exige environ 40 années de cotisations au régime bonifié, qui vient tout juste d'être pleinement déployé. Il en résulte un partage générationnel très net :

  • Les jeunes travailleurs gagnent le plus. Une personne qui commence sa carrière maintenant cotisera aux taux bonifiés presque toute sa vie active et peut atteindre la pleine cible du tiers des gains.
  • Les travailleurs en milieu de carrière obtiennent un gain partiel. Dans la quarantaine ou la cinquantaine, seule une partie de la carrière est couverte aux taux bonifiés : la rente augmente un peu, pas complètement.
  • Les retraités actuels n'obtiennent essentiellement rien. La bonification n'augmente pas les rentes déjà en paiement, puisque ces retraités n'ont jamais cotisé au régime élargi.

Au Canada

Le Québec a reproduit la bonification dans le RRQ avec son propre régime supplémentaire et un deuxième plafond de gains : les travailleurs québécois ont vu les mêmes hausses graduelles. Détail méconnu : comme les prestations d'invalidité et de survivant du RPC se calculent sur la même base de gains, la bonification les augmente aussi légèrement, pas seulement la rente de retraite.

Exemple concret

Priya, 27 ans, gagne 85 000 $ en 2026. Elle verse environ 4 230 $ en RPC de base plus 416 $ en RPC2, et son employeur égale les deux montants (en date de juillet 2026). Comme elle passera presque toute sa carrière sous le régime bonifié, son futur RPC devrait remplacer près du tiers de ses gains couverts, et le plafond MSGAP plus élevé signifie qu'une plus grande part de son salaire compte.

Son père Raj, 58 ans, gagne le même salaire et paie les mêmes cotisations. Mais avec seulement quelques années bonifiées avant la retraite, sa rente reçoit un supplément modeste, pas la pleine mise à niveau. Mêmes retenues aujourd'hui, résultats très différents : c'est le compromis honnête au coeur de la bonification.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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