Société de personnes
Partnership en anglais
Définition rapide
Une société de personnes réunit deux personnes ou plus, ou des sociétés, qui exploitent une entreprise ensemble dans un but de profit. Ce n'est pas un contribuable distinct : les profits passent dans la déclaration de chaque associé, et dans une société en nom collectif, chaque associé est personnellement responsable de toutes les dettes.
L'imposition du revenu de la société de personnes
La société de personnes est essentiellement une entreprise individuelle à plusieurs propriétaires, et elle est imposée de la même façon : la société elle-même ne paie aucun impôt sur le revenu. Chaque associé déclare sa part du profit ou de la perte dans sa propre déclaration et paie l'impôt à ses propres taux. Les sociétés de personnes plus importantes doivent généralement produire une déclaration de renseignements et remettre des feuillets T5013 indiquant la part de chaque associé, tandis que les plus petites déclarent habituellement le partage directement dans les déclarations des associés.
Une société de personnes peut exister sans que personne ne signe quoi que ce soit. Si deux personnes exploitent une entreprise ensemble et en partagent les profits, le droit peut les traiter comme des associés, qu'elles aient ou non prononcé le mot, avec toutes les obligations qui en découlent.
Trois formes de société de personnes
Le terme recouvre trois structures assez différentes :
- La société en nom collectif. La forme par défaut. Chaque associé partage la gestion et les profits, et chaque associé porte une responsabilité personnelle complète pour toutes les dettes de la société, y compris les obligations créées par un autre associé. Si votre associé signe un contrat désastreux ou commet une erreur coûteuse, les créanciers peuvent s'en prendre à vos biens personnels pour le montant entier, pas seulement votre part.
- La société en commandite. Elle sépare les rôles : un ou plusieurs commandités dirigent l'entreprise et gardent la responsabilité illimitée, tandis que les commanditaires sont essentiellement des investisseurs passifs dont la responsabilité se limite à leur mise, tant qu'ils restent à l'écart de la gestion. Courante en immobilier et dans les projets d'investissement.
- La société à responsabilité limitée (l'équivalent des LLP). Conçue pour les professionnels comme les comptables et les avocats. Chaque associé demeure responsable de son propre travail, mais est protégé de la responsabilité personnelle pour la négligence des autres associés. La disponibilité et les règles varient selon la province, et cette forme est habituellement réservée à des professions désignées.
Le contrat de société
Rien ne prédit mieux la survie d'une société de personnes que le fait d'avoir tout mis par écrit pendant que les associés s'entendaient encore. Un vrai contrat de société règle, au minimum :
- Les parts de chacun et le partage des profits et des pertes, qui n'a pas à être égal.
- Combien chaque associé peut retirer, et quand.
- Comment les décisions se prennent, et lesquelles exigent l'accord de tous.
- Comment les différends se règlent avant d'aboutir devant un tribunal.
- Ce qui arrive quand un associé veut partir, devient invalide ou décède : qui peut racheter la part, à quel prix, dans quel délai.
Le scénario de la poignée de main
Le désastre classique suit toujours le même scénario : deux amis lancent une entreprise sur une poignée de main, l'entreprise peine ou prospère, et les deux issues soulèvent des questions d'argent que la poignée de main n'avait pas prévues. L'un estime travailler plus fort; l'autre a mis plus d'argent. Sans contrat, les règles provinciales par défaut tranchent tout, habituellement un partage égal peu importe les contributions, et la dispute engloutit l'entreprise et l'amitié en même temps. Le contrat est une assurance bon marché contre une fin coûteuse et fréquente. Les sociétés de personnes qui dépassent la structure se convertissent souvent en société par actions, ce qui règle aussi le problème de responsabilité.
Au Canada
Le droit des sociétés de personnes est provincial : les détails de la formation, de l'immatriculation et des sociétés à responsabilité limitée varient d'une province à l'autre. Le droit civil québécois a ses propres formes : la société en nom collectif, la société en commandite et leurs variantes, qui fonctionnent essentiellement de la même manière sur le plan fiscal. Au fédéral, le traitement fiscal transparent est uniforme : partout au Canada, l'ARC regarde à travers la société pour imposer les associés.
Exemple concret
Marc et Olivia lancent une entreprise de rénovation comme associés à parts égales, et cette fois ils signent un contrat : profits partagés 50/50, achats de plus de 5 000 $ exigeant deux signatures, et si l'un part, l'autre peut racheter sa part à un prix fixé par une évaluation indépendante. L'entreprise gagne 140 000 $ la première année; chacun déclare 70 000 $ de revenu d'entreprise dans sa propre déclaration. Quand Marc commande pour 30 000 $ de matériaux pour un chantier qui tombe à l'eau, la dette appartient légalement aux deux : c'est exactement le risque accepté en choisissant la société en nom collectif. Le contrat n'empêche pas la perte, mais il dicte calmement comment le manque à gagner se partage, et l'entreprise y survit.
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour août 2026