Obligation démembrée

Strip Bond en anglais

Définition rapide

Une obligation démembrée est un morceau d'obligation ordinaire vendu seul : un coupon isolé ou le capital final (le « résidu »). Vous l'achetez à escompte, ne recevez rien en chemin et touchez sa pleine valeur nominale à une date connue.

Une obligation démontée pièce par pièce

Une obligation ordinaire est un tout : une série de coupons plus un gros remboursement de capital à la fin. Les courtiers en valeurs peuvent démonter ce tout, littéralement détacher les coupons du capital et vendre chaque morceau séparément. Chaque coupon devient un petit titre à coupon zéro payable à sa date; le capital devient le résidu, payable à sa valeur nominale à l'échéance.

Chaque morceau fonctionne de la même façon : vous achetez à escompte aujourd'hui et recevez le plein montant nominal à la date de paiement, sans aucun versement entre les deux. Tout votre rendement tient dans l'écart entre le prix et la valeur nominale. Les courtiers canadiens créent les titres démembrés surtout à partir d'obligations du gouvernement du Canada et des provinces, donc la qualité de crédit est celle de l'émetteur sous-jacent.

Pourquoi les investisseurs les utilisent

Les obligations démembrées brillent quand vous savez exactement quand vous aurez besoin d'un montant connu : l'année où un enfant commence l'université, une date de retraite, un achat de maison planifié. Achetez un résidu qui échoit cette année-là et le montant qui arrivera est fixé au dollar près, sans aucun pari de réinvestissement, puisqu'il n'y a pas de coupons à réinvestir. Une série de titres démembrés échéant sur des années successives, une cousine de l'échelle d'obligations, est une façon nette de financer une suite de dépenses connues.

Le piège fiscal du revenu fantôme

Voici le hic, et il décide où les titres démembrés ont leur place. Même si une obligation démembrée ne vous verse rien avant l'échéance, l'ARC traite l'escompte comme des intérêts qui courent chaque année. Dans un compte imposable, vous devez déclarer et payer l'impôt sur le montant couru de chaque année, de votre poche, sur un revenu que vous n'avez pas reçu. C'est ce qu'on appelle le revenu fantôme.

La solution est simple : détenez les titres démembrés dans des comptes enregistrés, où l'accumulation annuelle n'a pas d'importance. Le REER, le CELI, le REEE et le FERR sont tous des foyers naturels. Une obligation démembrée dans un compte imposable n'est presque jamais le bon outil; le même titre dans un compte enregistré garde toute la mécanique intacte.

Une volatilité maximale pour leur terme

Comme rien n'est versé avant la fin, une obligation démembrée a la durée la plus longue possible pour son terme : un titre démembré de 12 ans a une durée d'environ 12, contre environ 9 pour une obligation à coupons typique de 12 ans. Son prix oscille donc plus fort que celui de n'importe quelle obligation à coupons de même échéance quand les taux bougent.

Cette volatilité n'est que du papier si vous conservez jusqu'à l'échéance, ce qui est l'usage prévu : le versement à la date d'échéance est fixe, peu importe ce que les prix ont fait entre-temps. Vendez avant, par contre, et vous prenez ce que le marché offre, qui peut être loin d'une ligne droite vers la valeur nominale.

Au Canada

Les obligations démembrées sont un produit de détail typiquement canadien, inscrites aux inventaires des courtiers sous des noms comme « coupons » et « résidus » avec l'émetteur et la date de paiement. Elles se négocient de gré à gré plutôt qu'en bourse, et les marges des courtiers peuvent être plus larges que sur les obligations ordinaires : comparez le rendement implicite à celui d'une obligation ordinaire du même émetteur et du même terme avant d'acheter.

Exemple concret

Un résidu du gouvernement du Canada paie 10 000 $ dans 12 ans. À un rendement d'environ 3,25 %, il se vend près de 6 800 $ aujourd'hui (chiffre approximatif, calcul de convention). Vous payez 6 800 $, ne recevez rien pendant 12 ans, puis touchez 10 000 $ : une croissance verrouillée de 3 200 $ si vous conservez jusqu'à l'échéance.

Dans un CELI, ces 3 200 $ arrivent entièrement à l'abri de l'impôt. Dans un compte imposable, vous déclareriez des intérêts courus chaque année, plus de 200 $ dès la première année, sans recevoir un sou avant l'échéance. Même titre, résultat radicalement différent : le choix du compte est l'essentiel de la décision.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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