Liquidité

Liquidity en anglais

Définition rapide

La liquidité est la vitesse à laquelle un actif peut être converti en argent comptant sans sacrifier son prix. L'argent comptant est parfaitement liquide; une maison ne l'est pas. Chaque actif se situe quelque part sur ce spectre.

Le spectre de la liquidité

Imaginez vos actifs sur une ligne allant d'instantané à glacial. Un compte chèques se dépense à la seconde. Un compte d'épargne à intérêt élevé est à un virement de distance. Les actions et les FNB se vendent en quelques secondes pendant les heures de bourse, l'argent arrivant après le règlement. Un CPG est habituellement bloqué jusqu'à l'échéance, bien que des versions encaissables existent à taux moindre. L'immobilier occupe l'extrémité lointaine : des mois pour vendre, avec des frais de courtage, des frais juridiques et des coûts de déménagement qui grugent le produit.

Où se situent les actifs courants sur le spectre
ActifDélai pour obtenir l'argentLe hic
Compte chèquesInstantanéRapporte peu ou rien
Épargne à intérêt élevéLe jour même à quelques joursTaux modeste
Actions et FNBQuelques jours (vente plus règlement)Le prix dépend du jour
CPGÀ l'échéance, sinon pénalitéTermes bloqués; l'encaissable paie moins
ImmobilierDes moisFrais de vente, prix incertain

Liquide ne veut pas dire sûr

La liquidité et la sécurité sont deux axes différents, et les confondre est une erreur classique. Une action est très liquide : elle se vend en quelques secondes. Mais elle n'est pas sûre : le prix obtenu dépend entièrement du jour, et une vente forcée en pleine baisse cristallise la perte. Un CPG non rachetable est l'image inversée : parfaitement sûr, mais impossible d'y toucher avant terme sans pénalité, quand c'est possible.

L'idéal est de détenir des actifs sur tout le spectre, délibérément : une part d'argent à la fois liquide et stable pour les imprévus, et une autre qui échange liquidité ou stabilité contre de la croissance.

Pourquoi le fonds d'urgence vit à l'extrémité liquide

Un fonds d'urgence n'a qu'un seul travail : être là, au complet, un mauvais jour. Cela exclut tout ce qui est volatil, car une perte d'emploi et un repli des marchés aiment arriver ensemble, et cela exclut tout ce qui est bloqué. Un compte d'épargne à intérêt élevé ou un CPG encaissable fait le travail; un portefeuille de FNB, aussi liquide soit-il, ne le fait pas, parce que le prix du jour où vous en aurez besoin ne dépend pas de vous.

L'illiquidité cachée : verrous et friction fiscale

Une partie de l'illiquidité est contractuelle et évidente, comme un CPG non rachetable. Une autre est structurelle : l'argent dans un compte de retraite immobilisé est généralement intouchable avant l'âge de la retraite, sauf dans des cas de difficultés bien précis.

Et une autre encore relève de la friction plutôt que du verrou. Vous pouvez retirer d'un REER en tout temps, mais l'institution retient de l'impôt sur-le-champ, le montant complet s'ajoute à votre revenu imposable et les droits de cotisation sont perdus pour de bon. L'argent est accessible, mais chaque dollar arrive diminué, ce qui rend un REER bien moins liquide en pratique que son solde le laisse croire.

Au Canada

Les épargnants canadiens rencontrent surtout les compromis de liquidité dans les petits caractères des CPG et les règles des comptes enregistrés. Les CPG existent en versions non rachetables (meilleurs taux, bloqués jusqu'à l'échéance) et encaissables (taux moindres, accès anticipé), et la différence ne compte que le jour où vous avez besoin de l'argent avant terme. Les comptes immobilisés comme le CRI, qui reçoivent d'anciens fonds de pension, figurent parmi les actifs les plus illiquides que possèdent les Canadiens, et c'est voulu : les règles existent pour que l'argent se rende jusqu'à la retraite.

Exemple concret

Noor garde son fonds d'urgence de 15 000 $ dans un portefeuille de FNB, en se disant qu'elle peut vendre n'importe quand. Elle perd son emploi le mois même où le marché recule fortement, et vendre de quoi couvrir trois mois de dépenses signifie cristalliser la baisse sur chaque part vendue.

En reconstruisant ensuite son fonds, elle le répartit autrement : la majeure partie dans un compte d'épargne à intérêt élevé, une tranche dans un CPG encaissable, et ses FNB réservés aux objectifs à long terme, où une mauvaise année se traverse. Les mêmes dollars, mais l'argent liquide est maintenant aussi de l'argent stable.

Révisé par ·Mis à jour août 2026

Questions fréquentes

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