Cryptomonnaie
Cryptocurrency en anglais
Définition rapide
Une cryptomonnaie est un actif numérique inscrit sur une chaîne de blocs et sécurisé par la cryptographie, sans gouvernement ni banque derrière. Aux fins de l'impôt canadien, l'ARC la traite comme un bien, pas comme de la monnaie : vendre, échanger ou dépenser peut déclencher un gain en capital imposable.
Des actifs numériques sans émetteur central
Une cryptomonnaie est un actif numérique dont la propriété est inscrite sur une chaîne de blocs, un registre partagé tenu par de nombreux ordinateurs à travers le monde plutôt que par une banque ou un gouvernement. Aucune autorité centrale n'émet les jetons, personne ne peut en créer davantage en dehors des règles inscrites dans le logiciel, et la propriété se prouve par la cryptographie : qui contrôle la clé privée contrôle les jetons. Cette conception est à la fois l'attrait et le piège. Il n'y a aucun siège social à appeler en cas de problème, aucun émetteur obligé de racheter l'actif et aucune promesse de revenu derrière.
Comme rien ne soutient une cryptomonnaie sauf le réseau lui-même, son prix est simplement ce que le prochain acheteur acceptera de payer. Ce n'est pas automatiquement un défaut, les objets de collection et l'or fonctionnent de la même façon, mais cela signifie que la valeur repose sur une demande continue plutôt que sur des flux de trésorerie ou un droit juridique.
Les grandes catégories
Le mot couvre des milliers de projets très différents. La plupart entrent dans quelques grands groupes :
- Le bitcoin : la première et la plus grande cryptomonnaie, avec une offre maximale fixe et un récit de réserve de valeur. Il a son propre article bitcoin.
- L'ether et les plateformes de contrats intelligents : des réseaux conçus pour exécuter des programmes, pas seulement enregistrer des paiements. Leurs jetons paient la puissance de calcul du réseau, et la plupart des nouveaux projets crypto sont bâtis sur de telles plateformes.
- Les cryptoactifs arrimés (stablecoins) : des jetons conçus pour conserver une valeur fixe, habituellement un dollar américain, couverts dans l'article stablecoin.
- La longue traîne : tout le reste, des expériences sérieuses aux simples promotions. L'honnêteté oblige à le dire clairement : la plupart des milliers de jetons lancés au fil des ans ont perdu presque toute leur valeur ou ont été abandonnés. Qu'un jeton existe ne prouve pas qu'il durera.
Comment l'ARC impose la crypto : un bien, pas de la monnaie
Voici la section que tout détenteur canadien doit connaître. L'Agence du revenu du Canada traite la cryptomonnaie comme un bien, une marchandise, et non comme une monnaie. Utiliser de la crypto est donc traité comme du troc avec n'importe quel autre actif, et chaque disposition est un événement imposable. Vous disposez de crypto quand vous :
- la vendez contre des dollars canadiens ou toute autre monnaie officielle;
- échangez un jeton contre un autre, l'événement que presque tout le monde oublie. Troquer du bitcoin contre de l'ether, ou n'importe quel jeton contre un cryptoactif arrimé, est une vente du premier jeton à sa valeur du jour, même si aucun dollar n'a touché votre compte;
- la dépensez pour des biens ou des services, d'un café à une voiture;
- la donnez en cadeau.
Gain en capital ou revenu d'entreprise, et les registres à tenir
Pour la plupart des Canadiens qui achètent et conservent comme investisseurs, une disposition produit un gain en capital ou une perte : produit de disposition moins le prix de base rajusté, et seule la moitié d'un gain s'ajoute au revenu imposable. Les règles du PBR s'appliquent par jeton : tout votre bitcoin forme un seul bloc moyenné, tout votre ether un autre, exactement comme des actions identiques. Une personne qui négocie fréquemment, avec des périodes de détention courtes et un comportement commercial, peut plutôt être considérée comme gagnant un revenu d'entreprise, pleinement imposable. Il n'existe pas de ligne nette; l'ARC évalue les faits et circonstances de chaque cas, alors les négociateurs très actifs devraient consulter.
L'ARC s'attend à des registres pour chaque transaction : dates, valeur en dollars canadiens au moment de l'opération, ce qui a été échangé contre quoi, adresses de portefeuille et relevés de plateforme. Reconstituer des années d'opérations après coup est pénible, et les plateformes actives au Canada peuvent être tenues de partager des renseignements sur leurs clients avec l'ARC : l'hypothèse prudente est que votre activité est visible. Tenez vos registres au fur et à mesure, et retenez que déplacer des jetons entre vos propres portefeuilles n'est pas une disposition; seul un changement de propriétaire l'est.
Comment les Canadiens en achètent : les plateformes encadrées
Les Canadiens qui veulent détenir des jetons directement passent généralement par des plateformes de négociation de cryptoactifs inscrites auprès des autorités canadiennes en valeurs mobilières et soumises aux conditions que ces autorités imposent, notamment sur la garde des actifs des clients. L'inscription a une vraie valeur, elle élimine les pires pratiques, mais elle n'est pas une garantie : elle ne vous protège pas d'une chute des prix et ne rend pas une faillite de plateforme impossible.
Les FNB de crypto : la seule façon de mettre les gains à l'abri
Les jetons eux-mêmes ne peuvent pas être détenus dans un compte enregistré. Un FNB de crypto, c'est-à-dire un fonds inscrit en Bourse qui détient les jetons pour vous, est un placement admissible : il peut donc loger dans un CELI ou un REER. C'est la seule façon pratique de mettre les gains crypto à l'abri de l'impôt : dans un CELI, les gains ne sont jamais imposés, et le fardeau des registres disparaît puisqu'il n'y a aucune disposition à déclarer. Les contreparties : des frais de gestion, aucune possibilité de déplacer ou de dépenser les jetons, et la confiance envers le gestionnaire du fonds pour leur garde.
L'autogarde : vos clés, votre responsabilité
Détenir ses jetons dans son propre portefeuille signifie qu'aucune plateforme ne peut les geler ou les perdre, et c'est l'arrangement pour lequel la technologie a été conçue. Cela signifie aussi que la clé privée est tout : perdez-la et les jetons disparaissent pour de bon; envoyez des fonds à une mauvaise adresse et personne ne peut annuler l'opération. Et soyez lucide sur la protection : rien, nulle part dans la crypto, n'est couvert par l'assurance-dépôts de la [SADC](/dictionary/cdic) ni par le [FCPI](/dictionary/cipf). Ni les jetons sur une plateforme, ni ceux dans votre portefeuille. Ces filets de sécurité existent pour les dépôts bancaires et les comptes de courtage, et la crypto se situe en dehors des deux.
Les risques, sans détour
Les prix des cryptomonnaies affichent une volatilité extrême : des chutes de moitié ou plus en moins d'un an se sont produites à répétition, cycle après cycle. Des plateformes ont fait faillite avec les actifs de leurs clients. Des clés se perdent. Et le milieu regorge d'arnaques, des faux sites d'investissement aux fraudes de « récupération » qui ciblent les victimes précédentes. Rien de tout cela ne signifie que personne ne devrait jamais détenir de crypto; cela signifie que la taille de la position fait tout le travail. La règle souvent répétée est honnête : ne détenez que ce que vous pourriez vous permettre de perdre entièrement, gardez-en une petite tranche d'un portrait diversifié, et traitez toute promesse de rendement garanti comme l'arnaque qu'elle est presque certainement.
Au Canada
Le Canada a adopté une approche comparativement structurée : les plateformes servant des Canadiens doivent s'inscrire auprès des autorités en valeurs mobilières, et le Canada a inscrit en Bourse les premiers FNB de bitcoin au comptant au monde en février 2021, avant les États-Unis. Côté impôt, Revenu Québec suit le même traitement de bien que l'ARC : les contribuables québécois déclarent leurs dispositions de la même façon dans les deux déclarations. Le résumé canadien pratique : acheter et conserver n'est pas imposable, mais presque tout ce que vous faites ensuite, y compris échanger des jetons, l'est.
Exemple concret
Noah achète une cryptomonnaie pour 4 000 $ en son propre nom. Des mois plus tard, quand ses jetons valent 10 000 $, il les échange tous contre un autre jeton. Aucun dollar n'a atteint son compte bancaire, mais il a disposé d'un bien : son gain en capital est de 10 000 $ moins son PBR de 4 000 $, soit 6 000 $, et 3 000 $ s'ajoutent à son revenu imposable de l'année. Ses nouveaux jetons partent avec un PBR de 10 000 $.
L'année suivante, il vend les nouveaux jetons pour 9 000 $. C'est une deuxième disposition : une perte en capital de 1 000 $, utilisable contre des gains en capital mais pas contre un salaire. Si Noah avait plutôt détenu un FNB de crypto dans son CELI, aucun de ces événements n'aurait été déclaré ni imposé.
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour août 2026