Taux prescrit

Prescribed Rate en anglais

Définition rapide

Le taux prescrit est le taux d'intérêt que l'ARC révise chaque trimestre à partir des rendements des bons du Trésor de 90 jours. Il sert d'ancrage aux prêts familiaux de fractionnement du revenu, à l'avantage imposable des prêts d'employeur et au taux plus élevé exigé sur l'impôt en souffrance.

Un taux trimestriel à plusieurs paliers

Tous les trois mois, l'ARC publie un nouveau taux prescrit, calculé à partir du rendement moyen des bons du Trésor du gouvernement du Canada de 90 jours adjugés le premier mois du trimestre précédent, arrondi au point de pourcentage entier supérieur. Pour le troisième trimestre de 2026, du 1er juillet au 30 septembre, le taux de base est de 3 %, son cinquième trimestre consécutif à ce niveau (en date de juillet 2026).

Plusieurs taux découlent de cette base. Le taux de base lui-même régit les prêts familiaux et l'avantage imposable qu'un employé déclare sur un prêt à faible taux consenti par son employeur. L'impôt en souffrance coûte la base plus 4 points, donc 7 % en ce moment, composé quotidiennement. Et quand l'ARC vous doit de l'argent, les intérêts sur remboursement courent à un palier plus modeste que ce que l'agence exige.

La stratégie du prêt familial

Les règles d'attribution réattribuent normalement le revenu de placement à la personne qui a fourni l'argent, ce qui bloque la manœuvre évidente de remettre du capital au conjoint au revenu plus faible. Le prêt au taux prescrit est l'exception sanctionnée : prêtez à votre conjoint, ou à une fiducie familiale pour le ménage, au taux prescrit avec un billet à ordre signé, et l'attribution ne s'applique pas.

L'emprunteur investit l'argent et verse au prêteur les intérêts de 3 % chaque année. Ces intérêts sont imposables pour le prêteur et déductibles pour l'emprunteur : leur coût net se limite à l'écart de taux entre les deux. Tout ce que le portefeuille rapporte au-delà du taux prescrit reste à l'emprunteur, imposé à son taux d'imposition marginal plus bas.

Le taux en vigueur à la signature est figé pour toute la durée du prêt, peu importe l'évolution des taux par la suite. Les familles qui ont signé au taux de 1 % de l'ère pandémique profitent encore de cet écart aujourd'hui, ce qui explique pourquoi la stratégie est la plus attrayante dans les trimestres à bas taux et pourquoi chaque nouveau taux trimestriel est suivi de près.

La règle du 30 janvier

L'exception vient avec une condition impitoyable : les intérêts de chaque année doivent réellement être payés au plus tard le 30 janvier de l'année suivante. Pas courus, pas inscrits en écriture comptable : payés, avec un virement que vous pouvez montrer. Manquez l'échéance une seule fois, même d'un jour, et l'attribution s'applique au prêt pour cette année-là et toutes les suivantes; le seul remède est de défaire le montage et de repartir avec un nouveau prêt au taux courant.

La trace documentaire compte autant que le paiement : un billet à ordre signé daté du transfert des fonds, un virement traçable de la somme prêtée, et des intérêts payés depuis le propre compte de l'emprunteur. Si l'ARC pose un jour des questions, les documents sont la stratégie.

Sa place parmi les options de fractionnement

Le prêt au taux prescrit est l'outil poids lourd du fractionnement du revenu : aucune limite de montant, utilisable pendant la vie active, efficace pour les conjoints et, via une fiducie familiale, pour les enfants. Le prix : du vrai capital à prêter, de la paperasse et une discipline annuelle, alors les voies plus simples passent habituellement en premier : un REER de conjoint, remplir les CELI des deux partenaires, ou le fractionnement du revenu de pension à la retraite. Le prêt mérite sa complexité pour les ménages avec un capital non enregistré important et un large écart de taux entre partenaires.

Au Canada

La formule donne au taux prescrit un plancher de 1 %, où il a stationné de la mi-2020 à la mi-2022; les prêts familiaux verrouillés à cette époque roulent encore à 1 %, intouchables par les hausses ultérieures. Comme le taux se calcule sur des adjudications de bons du Trésor un trimestre en arrière, le chiffre du trimestre suivant est connu des semaines d'avance, ce qui crée parfois une courte fenêtre pour signer un prêt avant une hausse. Le Québec publie ses propres taux prescrits aux fins provinciales, et Revenu Québec applique sa propre majoration sur les soldes provinciaux en souffrance.

Exemple concret

Chloé gagne 220 000 $ par année; son conjoint Marc gagne 30 000 $. En juillet 2026, elle prête à Marc 400 000 $ au taux prescrit de 3 %, documenté par un billet à ordre; le taux est désormais figé pour la vie du prêt. Marc investit dans un portefeuille équilibré qui rapporte environ 6 %, soit à peu près 24 000 $ par année.

Chaque janvier, avant le 30, Marc verse à Chloé 12 000 $ d'intérêts. Elle les déclare comme revenu à son taux maximal; il les déduit contre son revenu de placement. Les 12 000 $ de rendement restants sont imposés dans les tranches basses de Marc plutôt qu'au sommet de celles de Chloé. Avec un écart d'environ 25 points entre leurs taux marginaux, le ménage économise autour de 3 000 $ d'impôt par année, chaque année que dure le prêt, et davantage à mesure que le portefeuille grossit.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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