Seuil de rentabilité
Break-Even Point en anglais
Définition rapide
Le seuil de rentabilité est le niveau de ventes où les revenus couvrent exactement l'ensemble des coûts : ni profit, ni perte. En dessous, chaque mois vous coûte de l'argent; au-dessus, chaque vente additionnelle commence à produire du profit.
La formule, en unités et en dollars
Le seuil de rentabilité en unités est les [coûts fixes](/dictionary/fixed-costs) divisés par la marge sur coûts variables par unité, où cette marge est le prix de vente moins le coût variable d'une unité.
Exemple en chiffres ronds : une fabricante de chandelles paie 4 000 $ par mois en loyer, assurances et autres coûts fixes. Chaque chandelle se vend 50 $ et coûte 30 $ en cire, mèches, emballage et livraison. La marge sur coûts variables est de 50 $ moins 30 $, soit 20 $ par chandelle. Le seuil est de 4 000 $ divisé par 20 $, donc 200 chandelles par mois.
La version en dollars divise plutôt les coûts fixes par le ratio de marge sur coûts variables : 20 $ divisé par 50 $ donne 40 %, et 4 000 $ divisé par 0,40 donne 10 000 $ de ventes mensuelles. Même réponse, unités différentes : 200 chandelles à 50 $ font 10 000 $. La forme en dollars est pratique quand vous vendez plusieurs produits et que penser en unités n'a plus de sens.
La question qu'il règle avant de démarrer ou d'agrandir
Le seuil de rentabilité répond à la question la plus brutale en affaires : combien dois-je vendre juste pour survivre? Avant de signer un bail, de quitter un emploi ou d'embaucher un premier employé, convertir le projet en seuil de rentabilité le rend vérifiable. Deux cents chandelles par mois, c'est environ sept par jour. Est-ce plausible pour votre marché, votre canal de vente, vos heures? Un chiffrier ne peut pas répondre, mais la question est maintenant concrète.
C'est aussi une machine à scénarios. Le loyer monte de 600 $? Les coûts fixes passent à 4 600 $ et le seuil grimpe à 230 chandelles. Vous songez à baisser le prix à 45 $? La marge sur coûts variables tombe à 15 $ et le seuil bondit à environ 267 chandelles, un tiers de volume en plus juste pour faire du surplace. Refaire le calcul prend quelques secondes et tue régulièrement les mauvaises idées avant qu'elles ne coûtent quoi que ce soit.
La marge sur coûts variables : le concept sous-estimé
La vedette discrète de la formule est la marge sur coûts variables : chaque vente contribue un montant fixe, d'abord à couvrir les coûts fixes, puis, une fois ceux-ci couverts, directement au profit. Avant le seuil, chaque chandelle rembourse 20 $ du loyer du mois. Après la chandelle numéro 200, chacune dépose 20 $ dans le profit.
Voilà pourquoi le volume au-delà du seuil est si payant, et pourquoi le manquer de peu fait si mal : les coûts fixes se paient de toute façon. La marge sur coûts variables est une proche cousine de la marge brute; dans bien des petites entreprises, les deux sont presque le même chiffre vu sous deux angles : la marge brute décrit l'état des résultats en entier, la marge sur coûts variables décrit une vente de plus.
Les limites du modèle simple
La formule épurée suppose un seul produit, un seul prix et des coûts bien séparés, et la réalité est plus brouillonne. Une entreprise multiproduits a besoin d'une marge pondérée, calculée selon ce qu'elle vend réellement, et un changement dans la composition des ventes déplace le seuil même si rien d'autre ne bouge.
Certains coûts sont aussi par paliers plutôt que purement fixes : une fourgonnette de livraison suffit jusqu'à un certain volume, puis la commande suivante exige une deuxième fourgonnette et les coûts fixes font un saut. Rappelez-vous aussi que le seuil de rentabilité parle de profit sur papier, pas d'argent en banque. Une entreprise peut dépasser son seuil et manquer quand même de liquidités pendant que les clients tardent à payer : c'est une question de flux de trésorerie que la formule ne voit pas. Traitez le chiffre comme une estimation vivante à refaire quand l'entreprise change, pas comme une vérité calculée une fois pour toutes.
Au Canada
Quand un propriétaire canadien fait le calcul, la TPS/TVH doit rester en dehors des deux côtés : la taxe perçue sur une vente de 50 $ ne vous appartient pas, et celle payée sur vos achats est généralement récupérable par les crédits de taxe sur les intrants; le prix de 50 $ et le coût de 30 $ se mesurent donc avant taxes. Décidez aussi si les « coûts fixes » incluent votre propre revenu requis. Un seuil qui couvre le loyer mais ne vous paie rien est un chiffre de survie pour l'entreprise, pas pour vous; bien des propriétaires calculent les deux versions.
Exemple concret
Dana se demande si elle peut quitter son emploi pour se consacrer à plein temps à son entreprise de chandelles. Les coûts fixes seraient de 4 000 $ par mois, et elle doit se verser 3 000 $ pour vivre : son seuil personnel utilise donc 7 000 $ de coûts fixes mensuels. À 20 $ de marge sur coûts variables, cela fait 350 chandelles par mois, ou 17 500 $ de ventes. Son meilleur mois à ce jour, en travaillant le soir, a été de 180 chandelles. Le chiffre ne dit pas non, mais il dit ce qui doit d'abord devenir vrai : environ doubler le volume, hausser le prix ou réduire le coût par chandelle. Elle monte son prix à 55 $, ce qui porte la marge à 25 $ et ramène la cible à 280 chandelles.
Termes liés
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour août 2026