Rente
Annuity en anglais
Définition rapide
Une rente est un contrat avec un assureur vie : vous remettez une somme forfaitaire et l'assureur vous verse un revenu garanti, habituellement à vie. C'est la version à faire soi-même du régime à prestations déterminées, achetée avec vos propres épargnes.
S'acheter une pension
La plupart des Canadiens sans régime à prestations déterminées font face au même problème à la retraite : transformer un tas d'épargnes en revenu qui ne peut pas s'épuiser. Une rente le règle directement. Vous remettez une somme forfaitaire à un assureur vie et, en échange, l'assureur promet un versement mensuel fixe, généralement aussi longtemps que vous vivez. Krachs boursiers, faibles rendements, vivre jusqu'à 103 ans : rien de tout cela ne change votre chèque.
L'assureur peut faire cette promesse parce qu'il regroupe des milliers de rentiers. Ceux qui décèdent tôt subventionnent ceux qui vivent longtemps, et c'est pourquoi une rente verse plus par dollar que ce que vous pourriez retirer prudemment par vous-même. L'échange est net et irréversible : une fois la rente achetée, le capital disparaît, converti en revenu de façon permanente. Voyez-la comme un complément au RRQ ou au RPC : une couche de plus de revenu viager garanti, sauf que c'est vous qui en fixez la taille.
Les principaux types
Le choix central : ce que couvrent les versements, et pour combien de temps.
| Type | Versée jusqu'à | Convient à |
|---|---|---|
| Rente viagère | Votre décès | Le revenu maximal par dollar pour une personne seule |
| Rente réversible au conjoint | Le décès du second conjoint (souvent à 60 % à 100 % du montant initial) | Les couples; le choix par défaut le plus courant |
| Rente à terme fixe | Un nombre d'années déterminé, peu importe la survie | Combler un écart défini, par exemple jusqu'au début d'une pension |
| Avec période garantie | Votre décès, mais un nombre minimal d'années (souvent 10) est versé même si vous décédez tôt | Se protéger contre un décès survenant peu après l'achat |
Ce qui détermine votre soumission
La tarification d'une rente est sur mesure. Le même 200 000 $ achète des revenus différents selon la personne, en fonction d'une poignée de facteurs : votre âge (les acheteurs plus âgés reçoivent plus par mois, car l'assureur prévoit payer moins d'années), votre sexe (les femmes vivent plus longtemps en moyenne et reçoivent donc un peu moins par mois), les taux d'intérêt au moment de l'achat (l'assureur finance vos versements surtout avec des obligations, donc des taux plus élevés donnent des soumissions plus généreuses) et les options ajoutées, puisque chaque période garantie, pourcentage de réversibilité ou clause d'indexation se paie par un revenu de départ plus bas.
Les taux comptent plus qu'on le croit. Quand les taux d'intérêt ont monté en flèche en 2022 et 2023, les versements de rentes ont bondi avec eux, et la rente est passée presque du jour au lendemain d'option négligée à solution réellement concurrentielle. Les rentes indexées, dont les versements augmentent avec l'inflation, existent mais coûtent nettement plus cher, ce qui explique pourquoi la plupart des rentes canadiennes sont vendues sans indexation. Les soumissions varient sensiblement d'un assureur à l'autre : comparez-en toujours plusieurs.
L'argent enregistré, et l'astuce de la rente prescrite
La provenance de la somme détermine le traitement fiscal. Acheter une rente avec l'argent d'un REER ou d'un FERR préserve le report d'impôt : rien n'est imposé à l'achat, et chaque versement est pleinement imposable comme revenu au moment où vous le recevez, comme un retrait de FERR. Un CRI peut aussi acheter une rente viagère, l'une des deux portes de sortie habituelles de l'argent immobilisé. La rente est d'ailleurs l'un des trois destins permis d'un REER au plus tard à la fin de l'année de vos 71 ans, avec la conversion en FERR et l'encaissement.
L'argent non enregistré a son propre avantage de niche : la rente prescrite. Normalement, le revenu d'intérêt est concentré dans les premières années d'un contrat. La rente prescrite répartit plutôt l'intérêt imposable également sur tout le calendrier de versements : chaque paiement est un mélange constant d'intérêt imposable et de remboursement non imposé de votre propre capital. Résultat : une part imposable étonnamment petite de chaque chèque, ce qui fait de la rente prescrite l'une des sources de revenu les plus fiscalement efficaces pour les retraités disposant d'épargnes non enregistrées.
FERR ou rente? Souvent un peu des deux
Le grand débat du décaissement oppose la rente au FERR. La rente est une assurance longévité : revenu garanti à vie, aucune gestion, aucun risque de marché, mais aussi aucune flexibilité, et rien pour la succession au-delà d'une éventuelle période garantie. Le FERR est le contrôle : vous choisissez les placements et les retraits (au-delà du minimum), et ce qui reste passe à vos héritiers, mais vous portez à la fois le risque de marché et le risque de survivre à votre argent.
Posé en tout ou rien, le débat est sans issue, car les deux produits assurent des risques opposés. La réponse pragmatique, pour bien des retraités, est un plancher de rente partiel : transformer en rente juste assez pour couvrir les dépenses essentielles fixes (logement, épicerie, assurances) une fois combinée au RRQ ou au RPC et à la SV, et garder le reste dans un FERR pour la flexibilité, la croissance et la succession. Avec le plancher en place, une mauvaise année de marché menace votre budget de voyage, pas votre facture d'épicerie.
Et si l'assureur fait faillite? La protection d'Assuris
Une promesse à vie ne vaut que ce que vaut la société qui la fait, alors le Canada la garantit. Assuris, l'organisme sans but lucratif qui protège les titulaires de polices d'assurance vie au Canada, garantit qu'en cas de faillite de votre assureur, votre revenu de rente continue jusqu'à concurrence de 5 000 $ par mois ou de 90 % du revenu promis, selon le plus élevé des deux (en date de juillet 2026). Les retraités qui placent de très grosses sommes les répartissent parfois entre deux assureurs ou plus pour que chaque contrat loge plus confortablement dans la protection.
Au Canada
Les rentes ont passé les années 2010 hors de la mode au Canada : avec des taux d'intérêt proches de zéro, les versements semblaient maigres et les retraités préféraient rester investis. La remontée des taux de 2022 et 2023 a changé le calcul, et les soumissions restent bien meilleures qu'il y a dix ans (en date de juillet 2026). Pendant ce temps, le déclin des régimes à prestations déterminées au privé fait qu'un nombre croissant de Canadiens arrivent à la retraite avec de simples soldes de comptes, précisément le problème que la rente a été conçue pour régler.
Les Canadiens détiennent aussi une forme d'achat de rente moins coûteuse et souvent négligée : reporter le RRQ, le RPC ou la SV. Chaque mois de report achète plus de revenu viager garanti et indexé à l'inflation, à des conditions qu'aucun assureur n'égale. Bien des planificateurs suggèrent d'épuiser cette option avant de magasiner une rente commerciale.
Exemple concret
Pierre, 70 ans, détient 500 000 $ dans son FERR, plus un RRQ et une SV totalisant 2 300 $ par mois. Ses dépenses essentielles atteignent 3 600 $ par mois, laissant un écart de 1 300 $ que les soubresauts des marchés rendent inquiétant. Il utilise 200 000 $ de son FERR pour acheter une rente viagère avec période garantie de 10 ans qui, à son âge, verse environ 1 300 $ à 1 400 $ par mois à vie (approximatif; les soumissions varient selon les taux, le sexe et les options, en date de juillet 2026).
Ses dépenses essentielles sont désormais couvertes par un revenu garanti, peu importe les marchés et sa longévité. Les 300 000 $ restants demeurent dans son FERR pour les dépenses discrétionnaires, les urgences et l'héritage de ses enfants. S'il décède dans les 10 ans, la période garantie verse le reste des paiements garantis à ses bénéficiaires; après, les versements s'éteignent avec lui, le prix de la mutualisation qui a rendu le revenu si élevé.
Termes liés
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour juillet 2026