Ratio ABD (amortissement brut de la dette)
GDS Ratio (Gross Debt Service) en anglais
Définition rapide
Le ratio ABD (amortissement brut de la dette) mesure la part de votre revenu brut que les coûts d'habitation à eux seuls consommeraient : paiement hypothécaire testé, taxes foncières, chauffage et moitié des frais de copropriété. Pour un prêt assuré, le maximum standard est de 39 % (en date de juillet 2026).
La moitié du test d'endettement
L'ABD est l'un des deux ratios d'endettement que les prêteurs canadiens utilisent pour établir la taille d'une hypothèque. Il pose une question précise : votre revenu peut-il porter cette maison en particulier? Son jumeau, le ratio ATD, part des mêmes coûts d'habitation et ajoute toutes vos autres dettes. Le prêteur vérifie les deux, et votre demande doit réussir les deux.
La formule : additionnez le paiement hypothécaire mensuel, les taxes foncières, le chauffage et 50 % des frais de copropriété, puis divisez par votre revenu mensuel brut. Le piège, c'est le paiement lui-même. Il est calculé au taux d'admissibilité, pas à votre taux contractuel, si bien que le paiement utilisé dans le ratio est nettement plus élevé que celui que vous ferez réellement.
Ce qui compte comme coût d'habitation, et ce qui ne compte pas
Seulement quatre éléments entrent dans le numérateur de l'ABD :
- Le paiement hypothécaire, calculé au taux d'admissibilité.
- Les taxes foncières, ramenées à un montant mensuel.
- Les frais de chauffage.
- La moitié des frais de copropriété, s'il y a lieu.
La ligne chauffage et le rabais sur les frais de copropriété
La ligne chauffage en surprend plusieurs. Les prêteurs ne demandent pas vos factures; la plupart utilisent une estimation standard, souvent de 100 $ à 175 $ par mois ou une formule basée sur la superficie (en date de juillet 2026). Impossible de la contester avec une copie de votre facture de gaz, et elle s'applique même aux acheteurs de petits condos écoénergétiques.
Les frais de copropriété reçoivent le traitement inverse : seulement la moitié compte. La convention reconnaît que ces frais englobent des coûts qu'un propriétaire de maison paie de toute façon, comme l'entretien et l'assurance de l'immeuble. Notez ce qui n'apparaît jamais : l'électricité au-delà du chauffage, l'assurance habitation, Internet et les réparations. L'ABD est un filtre de qualification, pas le vrai coût de la propriété.
Le plafond de 39 % en pratique
Pour les prêts assurés, l'ABD doit rester à 39 % ou moins. Le calcul est simple : prenez votre revenu annuel brut, divisez par 12, multipliez par 0,39, et vous obtenez le coût d'habitation mensuel maximal qui passe le test. Tout ce que le prêteur vous laisse emprunter découle de ce chiffre, ce qui explique pourquoi les taxes foncières et les frais de copropriété de votre quartier cible réduisent directement l'hypothèque admissible.
Au Canada
Dans les documents des prêteurs anglophones, l'ABD apparaît parfois sous l'acronyme PITH : principal, interest, taxes and heat, les quatre composantes de la norme assurée. Le plafond de 39 % est la norme des prêts assurés; pour les prêts non assurés, les prêteurs fixent leurs propres plafonds, un sujet couvert en détail dans l'article sur les ratios d'endettement.
Exemple concret
Nadia et Marc gagnent 95 000 $ combinés, soit environ 7 917 $ par mois en brut. Au plafond de 39 %, des coûts d'habitation allant jusqu'à environ 3 088 $ par mois passent le test de l'ABD. Leur maison cible porte des taxes foncières de 325 $ par mois et une estimation de chauffage de 125 $, ce qui laisse environ 2 638 $ pour le paiement hypothécaire testé. À un taux d'admissibilité de 6,5 % sur 25 ans, environ 670 $ par mois portent chaque tranche de 100 000 $ d'hypothèque (en date de juillet 2026) : ce paiement soutient donc une hypothèque d'environ 394 000 $. Tous les chiffres sont approximatifs.
S'ils choisissaient plutôt un condo avec des frais de 500 $ par mois, seulement 250 $ compteraient, mais l'hypothèque admissible descendrait quand même à environ 356 000 $. Même revenu, même plafond, prêt plus petit.
Termes liés
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour juillet 2026