CRI (Compte de retraite immobilisé)

LIRA (Locked-In Retirement Account) en anglais

Définition rapide

Un CRI (compte de retraite immobilisé) reçoit l'argent du régime de retraite que vous emportez en quittant un employeur. Il croît à l'abri de l'impôt comme un REER, mais il est immobilisé : aucune cotisation, aucun retrait ordinaire avant sa conversion en revenu de retraite, habituellement à partir de 55 ans.

D'où vient un CRI

On n'ouvre pas un CRI comme on ouvre un REER. Un CRI existe pour une seule raison : vous avez quitté un employeur avant la retraite et pris la valeur de transfert de votre régime (aussi appelée valeur actualisée), soit l'équivalent en dollars d'aujourd'hui de la rente que vous aviez accumulée. C'est le plus souvent le cas avec un régime de retraite à prestations déterminées, mais l'argent immobilisé d'un régime à cotisations déterminées aboutit aussi dans un CRI.

La loi sur les régimes de retraite exige que l'argent mis de côté pour la retraite reste réservé à la retraite. La somme ne peut donc pas aller dans un REER ordinaire, d'où vous pourriez tout encaisser sur un coup de tête. Elle est transférée, sans impôt, dans un compte immobilisé qui conserve les règles du régime d'origine. Au Québec, le CRI relève des règles de Retraite Québec; ailleurs, on parle de LIRA (locked-in retirement account).

Immobilisé veut vraiment dire immobilisé

À l'intérieur, un CRI se comporte exactement comme un REER : il peut détenir les mêmes placements (actions, FNB, CPG, obligations), tout croît à l'abri de l'impôt, et vous choisissez l'institution financière et gérez le compte vous-même si vous le souhaitez.

Les différences sont aux frontières. Vous ne pouvez faire aucune nouvelle cotisation, jamais; le compte ne contient que le transfert du régime, plus la croissance. Et vous ne pouvez pas retirer de l'argent à votre guise : ni pour une maison, ni pour une urgence, rien en temps normal. Le Régime d'accession à la propriété et le Régime d'encouragement à l'éducation permanente ne s'appliquent pas non plus aux CRI.

CRI vs REER en un coup d'oeil
CRIREER
Provenance des fondsTransfert d'un régime de retraite seulementVos propres cotisations
Nouvelles cotisationsJamaisOui, selon vos droits
Retraits avant la retraiteSeulement via les exceptions de désimmobilisationEn tout temps (imposables)
Traitement fiscal de la croissanceReport d'impôtReport d'impôt
Devient à la retraiteFRV ou rente (au plus tard l'année des 71 ans)FERR ou rente (au plus tard l'année des 71 ans)
Loi applicableLois sur les régimes de retraite (province ou fédéral)Loi de l'impôt sur le revenu

Quelles règles s'appliquent? La question de la juridiction

Un CRI est régi par la loi sur les régimes de retraite dont provient l'argent, pas par votre lieu de résidence actuel. L'argent d'un régime sous juridiction ontarienne suit les règles de l'Ontario même si vous prenez votre retraite en Nouvelle-Écosse. Les emplois de compétence fédérale (banques, transport aérien, télécommunications) produisent des comptes immobilisés fédéraux. Un régime sous juridiction québécoise produit un CRI soumis aux règles de Retraite Québec.

C'est important, car les options de désimmobilisation, l'âge minimal pour commencer le revenu et les maximums de retrait varient selon la juridiction. La première question à régler pour tout CRI : quelle loi le régit? Vos documents de compte ou l'administrateur peuvent vous le confirmer.

Transformer un CRI en revenu de retraite

Quand vous êtes prêt à tirer un revenu, habituellement à partir de 55 ans selon la juridiction, deux grandes voies s'offrent à vous : convertir le CRI en FRV (fonds de revenu viager) ou acheter une rente viagère auprès d'un assureur. Comme un REER, un CRI doit être converti au plus tard le 31 décembre de l'année de vos 71 ans (en date de juillet 2026).

Un FRV fonctionne comme un FERR avec un plafond. Il applique les mêmes pourcentages minimums selon l'âge, voyez la table du retrait minimum du FERR, mais la plupart des juridictions imposent aussi un maximum annuel, pour empêcher de vider le compte rapidement. La formule du maximum varie selon la juridiction, et le Québec a aboli le maximum pour les détenteurs de FRV de 55 ans et plus lors de ses récentes réformes (en date de juillet 2026).

La désimmobilisation : des exceptions qui varient selon la juridiction

Chaque juridiction permet de sortir une partie de l'argent du système immobilisé avant l'heure, mais le menu diffère. Les grandes catégories (en date de juillet 2026) :

  • Petits soldes : si le compte est sous un seuil lié au maximum des gains admissibles, souvent à partir d'un certain âge, vous pouvez tout désimmobiliser.
  • Désimmobilisation unique de 50 % : les règles fédérales et plusieurs provinces (dont l'Ontario, l'Alberta et le Manitoba) permettent de transférer jusqu'à la moitié du solde dans un REER ou un FERR ordinaire au moment de la conversion en FRV. Le Québec n'offre pas la désimmobilisation de 50 %, mais la souplesse des retraits du FRV dès 55 ans joue un rôle semblable.
  • Difficultés financières : faible revenu, risque d'éviction ou frais médicaux élevés peuvent qualifier dans certaines juridictions.
  • Espérance de vie réduite : une attestation médicale peut désimmobiliser le compte.
  • Non-résidence : habituellement après deux ans de non-résidence au Canada, confirmée par l'ARC.

Au Canada

Les comptes immobilisés sont un casse-tête typiquement canadien : dix provinces plus la juridiction fédérale écrivent chacune leurs propres règles de désimmobilisation, leurs âges et leurs maximums de FRV, et le compte suit la loi du régime, pas la vôtre. Deux voisins avec des soldes identiques peuvent avoir des options très différentes. Le Québec s'est le plus éloigné du groupe : le CRI n'offre pas de désimmobilisation de 50 %, mais depuis les réformes de Retraite Québec, les détenteurs de FRV de 55 ans et plus n'ont plus de maximum annuel, ce qui rend l'argent immobilisé québécois parmi les plus flexibles au pays à la retraite (en date de juillet 2026). Vérifiez toujours les règles de votre juridiction avant de bâtir un plan autour.

Exemple concret

Samuel quitte son employeur à 40 ans après 12 ans dans le régime à prestations déterminées. Le régime lui offre une rente différée à 65 ans ou une valeur de transfert de 150 000 $. Il choisit la valeur de transfert : 150 000 $ passent sans impôt dans un CRI régi par les règles québécoises (une portion excédant la limite fiscale aurait été versée en argent et imposée, mais la sienne entre entièrement).

Il investit dans un portefeuille indiciel simple et n'ajoute rien, parce qu'il ne le peut pas. À 5 % par année, le CRI atteint environ 398 000 $ à 60 ans. À 60 ans, il le convertit en FRV et, comme il a plus de 55 ans, les règles québécoises ne lui imposent aucun maximum annuel : il retire chaque année ce dont il a besoin, au moins le minimum.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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