Régime volontaire d'épargne-retraite (RVER)

VRSP (Voluntary Retirement Savings Plan) en anglais

Définition rapide

Le régime volontaire d'épargne-retraite (RVER) est le régime d'épargne automatique en milieu de travail du Québec. Les employeurs de 10 employés admissibles ou plus sans autre régime de retraite avec retenue sur la paie doivent en offrir un; les travailleurs sont inscrits automatiquement mais peuvent se retirer.

Pourquoi le RVER existe

Le Québec a créé le RVER pour que chaque travailleur de la province ait accès à un régime de retraite par la paie, pas seulement les employés des grandes entreprises dotées de régimes de retraite. Les petits employeurs mettent rarement sur pied un régime par eux-mêmes, alors la province a inversé le réflexe par défaut : si une entreprise n'offre rien d'autre, elle doit au moins offrir un RVER, un régime collectif à faible coût administré par un tiers plutôt que par l'employeur.

Le RVER est la version québécoise du cadre fédéral des RPAC, avec une grande différence : au Québec, offrir le régime est obligatoire pour les employeurs visés, alors que le RPAC fédéral est volontaire partout où il s'applique.

Quels employeurs doivent en offrir un

L'obligation vise les employeurs québécois qui comptent 10 employés admissibles ou plus, c'est-à-dire des travailleurs de 18 ans ou plus avec un an de service continu, et qui n'offrent aucun autre véhicule d'épargne-retraite avec retenue sur la paie, comme un REER ou un CELI avec retenue à la source, ou un régime de retraite (en date de juillet 2026). Les employeurs qui offrent déjà l'un de ces véhicules sont exemptés.

La loi prévoit l'extension de l'obligation aux employeurs de 5 employés admissibles ou plus, mais cette extension n'entrera en vigueur qu'à une date fixée par le gouvernement, qui n'était pas encore déterminée en date de juillet 2026.

Inscription et cotisations

Les employés visés sont inscrits automatiquement et peuvent se retirer dans un délai prévu après l'inscription, ou plus tard fixer leur taux de cotisation à 0 %. L'inertie fait le gros du travail : ne rien faire, c'est épargner.

Le taux de cotisation par défaut de l'employé est fixé par règlement et augmente par paliers prévus par la loi; il se situe actuellement autour de 4 % du salaire brut (en date de juillet 2026). L'employé peut choisir un taux différent, plus haut ou plus bas, en tout temps selon les règles du régime.

Les cotisations de l'employeur sont facultatives. Quand un employeur cotise, ces montants ne constituent pas un avantage imposable pour l'employé et lui sont acquis. Les cotisations de l'employé sont prélevées sur la paie avant impôt : l'allègement fiscal arrive immédiatement sur chaque paie plutôt qu'en remboursement.

Traitement fiscal et droits REER

Les cotisations au RVER vivent à l'intérieur du système REER : vos cotisations sont déductibles comme des cotisations REER, et vos cotisations comme celles de votre employeur comptent contre vos droits de cotisation REER. Si vous cotisez aussi beaucoup à un REER personnel, suivez le total combiné par rapport à votre plafond.

Frais, encadrement et accès à l'argent

Les RVER sont gérés comme de grands fonds communs par des administrateurs autorisés, des assureurs et des gestionnaires de fonds détenant un permis à cette fin, avec des frais plafonnés à des niveaux bas par conception. Les régimes sont encadrés par Retraite Québec et l'Autorité des marchés financiers (AMF). La structure de placement ressemble à un régime à cotisations déterminées : votre résultat dépend des cotisations et des rendements, avec une option cycle de vie par défaut pour les membres qui ne choisissent pas.

L'accès varie selon la source. Les cotisations de l'employeur sont généralement immobilisées jusqu'à 55 ans, comme l'argent d'un régime de retraite, tandis que vos propres cotisations demeurent accessibles selon les règles du régime, même si retirer son épargne-retraite trop tôt va à l'encontre de l'objectif. Les conditions exactes dépendent du régime : vérifiez le vôtre avant de compter sur cet argent.

Au Canada

Le RVER est une créature exclusivement québécoise, en vigueur depuis 2014, et c'est le seul endroit au Canada où offrir un régime d'épargne en milieu de travail est obligatoire pour les petits employeurs du secteur privé. Le reste du pays dispose plutôt du cadre volontaire des RPAC, beaucoup moins utilisé. Pour les travailleurs, l'effet pratique est que même une petite entreprise québécoise au-dessus du seuil doit mettre un véhicule d'épargne par la paie sur la table, ce qu'aucune autre province n'exige (en date de juillet 2026).

Exemple concret

Camille, 28 ans, se joint à un studio de design montréalais de 15 personnes qui n'offre ni régime de retraite ni REER collectif : le studio doit donc offrir un RVER. Après un an de service, elle est inscrite automatiquement au taux par défaut d'environ 4 % de son salaire de 52 000 $ (en date de juillet 2026), soit environ 2 080 $ par année, prélevés sur la paie avant impôt.

Son employeur choisit de ne pas cotiser, ce qui est permis. Camille pourrait se retirer, mais elle laisse la retenue en place : ses paies diminuent de moins que la cotisation parce que l'allègement fiscal est immédiat, et les cotisations grugent un montant équivalent de ses droits REER chaque année.

Révisé par ·Mis à jour juillet 2026

Questions fréquentes

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