Homologation
Probate en anglais
Définition rapide
L'homologation (vérification testamentaire) est le processus judiciaire qui confirme la validité d'un testament et les pouvoirs du liquidateur ou de l'exécuteur. Banques, registres fonciers et courtiers exigent souvent cette confirmation avant de libérer des actifs importants. Chaque province fixe ses frais, de zéro au Manitoba à environ 1,7 % en Nouvelle-Écosse.
Pourquoi l'homologation existe
Au décès, le testament nomme un liquidateur (dans les provinces de common law, un exécuteur) chargé de rassembler les actifs, de payer les dettes et de distribuer le reste. Le problème : un employé de banque ou un registre foncier n'a aucun moyen de savoir si le document présenté est bien le testament le plus récent, ni si la personne qui le tient a vraiment autorité. L'homologation règle cela. Un tribunal examine le testament, confirme sa validité et délivre un document qui officialise la nomination du liquidateur.
C'est sur ce document que les institutions s'appuient. Les banques et les courtiers libèrent souvent de petits soldes contre une simple décharge signée, mais pour des comptes importants, pour un immeuble enregistré au seul nom du défunt ou dès qu'un différend pointe, ils exigent l'homologation avant de verser un dollar. Une limite à connaître : l'homologation ne concerne que l'après-décès. De votre vivant, en cas d'inaptitude, c'est une procuration qui gouverne vos affaires, et elle prend fin au moment du décès.
Ce que coûte l'homologation, province par province
Les frais d'homologation sont fixés par chaque province et varient énormément. L'Ontario appelle sa version l'impôt sur l'administration des successions. Voici le portrait (en date de juillet 2026) :
| Province | Frais d'homologation |
|---|---|
| Manitoba | Aucuns : les frais d'homologation ont été abolis en 2020 |
| Alberta | Frais fixes seulement, plafonnés à 525 $ |
| Québec | Le testament notarié n'exige aucune homologation; les autres testaments ne paient que des frais de vérification modestes |
| Ontario | 1,5 % de la valeur de la succession au-delà de 50 000 $; rien sur la première tranche de 50 000 $ |
| Colombie-Britannique | 1,4 % au-delà de 50 000 $, plus 0,6 % sur la tranche de 25 000 $ à 50 000 $ |
| Nouvelle-Écosse | Environ 1,7 % sur les grandes successions, le taux le plus élevé au Canada |
| La plupart des autres provinces | Frais fixes ou pourcentages modestes |
Ce qui passe hors homologation
Les frais d'homologation s'appliquent aux actifs qui transitent par la succession, pas à tout ce que vous possédiez. Plusieurs catégories passent directement à une personne sans jamais toucher la succession :
- Les actifs avec bénéficiaire désigné. Le produit d'une assurance vie, ainsi que les comptes enregistrés comme les REER, les FERR et les CELI avec une désignation de bénéficiaire au dossier, sont versés directement à la personne nommée. L'exception est le Québec, où les désignations faites sur les formulaires de compte ne sont généralement pas reconnues : ces comptes passent alors par le testament.
- Les biens détenus conjointement avec droit de survie. Dans les provinces de common law, une maison ou un compte bancaire détenu en tenance conjointe passe automatiquement au copropriétaire survivant, hors succession. Le droit civil québécois ne connaît pas ce mécanisme : la part d'un copropriétaire appartient à sa succession, alors cette technique ne fonctionne pas au Québec.
- Les placements de nature assurance. Les fonds distincts et autres contrats d'assurance avec bénéficiaire désigné sont versés directement, rapidement et en privé, hors de la succession.
Les frais d'homologation ne sont pas de l'impôt sur le revenu
Gardez les deux factures du décès bien séparées dans votre esprit. Les frais d'homologation sont des frais provinciaux pour le processus judiciaire, au plus environ 1,7 % de la succession. L'impôt sur le revenu au décès est une tout autre affaire, habituellement beaucoup plus lourde : le défunt est réputé avoir vendu la plupart de ses biens à leur juste valeur marchande juste avant le décès, ce qui peut déclencher l'impôt sur les gains en capital sur toute une vie de croissance de chalets, d'immeubles locatifs et de comptes de placement. Éviter l'homologation sur un actif n'évite en rien l'impôt sur cet actif. Les deux systèmes fonctionnent indépendamment.
Réduire les frais d'homologation, prudemment
Dans les provinces à pourcentage, quelques stratégies éprouvées réduisent la portion de la succession qui passe par l'homologation :
- Les désignations de bénéficiaire. Tenir à jour les désignations sur l'assurance vie et les comptes enregistrés est gratuit et efficace hors Québec. Pour un CELI, nommer votre conjoint titulaire remplaçant est encore plus fort : le compte lui-même continue, libre d'impôt.
- La copropriété, avec prudence. Ajouter un enfant adulte comme copropriétaire d'une maison ou d'un compte évite l'homologation, mais à un vrai prix : vous perdez le contrôle exclusif, l'actif devient exposé aux créanciers et aux litiges matrimoniaux de l'enfant, et les tribunaux tranchent régulièrement des disputes sur la question de savoir si un compte conjoint était un vrai don ou une simple commodité. Une économie d'homologation modeste peut devenir un litige coûteux.
- Les testaments multiples. Les propriétaires d'entreprise de l'Ontario signent couramment un second testament couvrant les actions de société privée, qui peuvent alors passer sans homologation.
- Le testament notarié au Québec. Pour les résidents du Québec, un testament signé devant notaire évite entièrement la vérification par le tribunal : la planification d'homologation la plus simple au pays.
Au Canada
Le Canada n'a ni impôt sur les successions ni impôt sur les héritages. L'image américaine du gouvernement qui prélève une grosse part d'une succession ne s'applique tout simplement pas ici. Ce qui se passe réellement au décès, c'est la disposition réputée aux fins de l'impôt sur le revenu, plus ces frais d'homologation provinciaux comparativement modestes. Pour la plupart des successions, la facture d'impôt éclipse la facture d'homologation, ce qu'il vaut la peine de se rappeler avant de réorganiser ses affaires uniquement pour esquiver l'homologation.
Le Québec fonctionne en droit civil, avec son propre vocabulaire : l'exécuteur s'appelle le liquidateur, le testament notarié n'exige aucun processus judiciaire, et les testaments olographes ou devant témoins n'ont besoin que d'une vérification relativement peu coûteuse par le tribunal ou un notaire. Il n'existe aucuns frais d'homologation en pourcentage. Les conseils successoraux écrits pour l'Ontario se transposent souvent mal au Québec.
Exemple concret
Diane décède en Ontario avec 1 400 000 $ d'actifs : une maison de 800 000 $ à son seul nom, 350 000 $ dans des comptes enregistrés avec ses deux enfants comme bénéficiaires, et 250 000 $ dans un compte de placement non enregistré. Les comptes enregistrés passent hors succession : l'homologation s'applique donc à 1 050 000 $. L'impôt ontarien sur l'administration des successions est de 1,5 % de la valeur au-delà de 50 000 $, soit 15 000 $. Pendant ce temps, la disposition réputée de ses placements non enregistrés déclenche environ 40 000 $ d'impôt sur sa dernière déclaration. Le liquidateur paie les deux, mais remarquez laquelle des factures est la plus grosse : la planification ne devrait jamais s'arrêter à l'homologation.
Révisé par Alexandre Bernier, CFP®, CIM®, PFP®·Mis à jour juillet 2026