Combien d'assurance vie vous faut-il? La méthode DIME
La réponse habituelle est dix fois votre revenu. Elle prend cinq secondes et ne dit rien sur le fait que vous ayez une hypothèque de 600 000 $ ou aucune, trois enfants ou aucun, ou déjà 400 000 $ de couverture dans vos avantages collectifs. DIME pose plutôt quatre questions chiffrables, et pour la plupart des familles canadiennes elle donne un résultat très différent.
Ce que signifie DIME
DIME transforme une question vague en quatre questions précises, puis soustrait ce que vous avez déjà. C'est une analyse des besoins plutôt qu'une règle empirique, ce qui explique précisément pourquoi elle contredit si souvent la règle du multiple.
D pour dettes. Tout ce que vous devez à part l'hypothèque, plus les frais finaux. Cartes de crédit, prêts auto, prêts étudiants, et le coût des funérailles et du règlement de la succession.
I pour income, le revenu. Votre revenu annuel multiplié par le nombre d'années dont votre famille aurait besoin. Dix ans est la valeur par défaut conventionnelle.
M pour hypothèque. Le solde complet, pour que la famille puisse rester dans la maison sans paiement.
E pour études. Un montant par enfant multiplié par le nombre d'enfants.
Additionnez les quatre, soustrayez la couverture existante et les actifs liquides, et ce qui reste est l'écart.
Un exemple chiffré
Priya gagne 85 000 $. Elle doit 25 000 $ sur un prêt auto, porte une hypothèque de 380 000 $ et a deux enfants. Elle prévoit 15 000 $ de frais finaux et veut dix ans de revenu remplacé.
| Composante | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Dettes et frais finaux | 25 000 $ + 15 000 $ | 40 000 $ |
| Remplacement du revenu | 85 000 $ × 10 ans | 850 000 $ |
| Hypothèque | Solde impayé | 380 000 $ |
| Études | 31 000 $ × 2 enfants | 62 000 $ |
| Besoin total | 1 332 000 $ | |
| Moins la couverture collective au travail | (200 000 $) | |
| Moins les actifs liquides (CELI) | (50 000 $) | |
| Couverture nécessaire | 1 082 000 $ |
La règle du 10 fois aurait suggéré 850 000 $ de couverture brute, ou 600 000 $ après les mêmes déductions. Ce montant laisse l'hypothèque et les études des enfants entièrement non financées. Les deux méthodes diffèrent de près d'un demi-million de dollars pour le même ménage.
Vous pouvez faire vos propres calculs dans le calculateur d'assurance vie, qui affiche côte à côte le résultat DIME et le multiple du revenu.
D'où vient le montant des études
Statistique Canada situait les droits de scolarité moyens au premier cycle pour les étudiants canadiens à temps plein à 7 734 $ pour l'année scolaire 2025-2026. Quatre ans représentent donc environ 31 000 $ en scolarité seulement, avant la résidence, la nourriture et les livres.
Les coûts varient beaucoup selon la province. Terre-Neuve-et-Labrador est la moins chère à environ 3 746 $, tandis que le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse approchent tous 10 000 $ par année.
Si vous avez déjà un REEE, soustrayez-le. C'est de l'argent réservé exactement à cette fin, et il porte la Subvention canadienne pour l'épargne-études de 20 % en plus : il travaille donc plus fort que son solde ne le laisse croire.
Choisir les années de revenu
Dix ans est conventionnel et arbitraire. Deux meilleurs repères existent.
Le premier : combien de temps avant que votre plus jeune enfant soit autonome. Pour une famille avec un enfant de deux ans, dix ans arrêtent le remplacement du revenu quand l'enfant a douze ans, ce qui n'est pas manifestement le bon endroit où s'arrêter.
Le second : combien de temps avant que votre conjoint puisse faire vivre le ménage seul. Cela peut être plus court que le premier, ou considérablement plus long.
Prenez le plus long des deux. L'écart de prime entre dix et vingt ans de remplacement du revenu est habituellement plus petit qu'on ne le suppose, parce que l'assurance vie temporaire se tarifie par tranche de mille dollars de couverture et que le coût marginal d'une couverture supérieure est faible.
Deux choses que DIME rate
Elle ignore le rendement des placements. Un capital destiné à remplacer dix ans de revenu rapporterait quelque chose pendant qu'il est dépensé : DIME surestime donc cette composante.
Elle ignore l'inflation. Sur une période de remplacement de dix ou vingt ans, une somme fixe achète progressivement moins, ce qui pousse dans le sens inverse.
En pratique, les deux erreurs se compensent en partie, et c'est en grande partie pourquoi la méthode a duré : elle est à peu près juste sans exiger d'hypothèses indéfendables.
Son véritable angle mort est ailleurs. Un parent au foyer obtient zéro sous DIME, puisqu'il n'y a aucun revenu à remplacer. C'est manifestement faux : une personne qui assure la garde à temps plein produit une valeur économique importante, et remplacer cette garde coûte de l'argent réel. Chiffrez ce que cela coûterait pour les années où ce serait nécessaire et ajoutez-le délibérément à la composante revenu.
Ne bâtissez pas le plan sur la couverture collective
L'assurance vie de l'employeur mérite d'être comptée et d'être regardée avec prudence. Elle se termine habituellement avec l'emploi, elle est souvent plafonnée à une ou deux fois le salaire, et elle est rarement transférable.
Le mode d'échec est précis : une perte d'emploi et une perte de couverture arrivent le même jour, souvent à un âge où remplacer la couverture coûte considérablement plus cher qu'avant.
Soustrayez-la dans le calcul, puis demandez-vous si le plan tient toujours si ce chiffre tombait à zéro. Si ce n'est pas le cas, l'écart mérite d'être couvert par une police individuelle qui vous appartient.
DIME établit le besoin, pas le produit
Une fois le montant obtenu, une autre question se pose : temporaire ou permanente?
Pour la plupart des familles avec enfants et hypothèque, le besoin est grand et temporaire. Il culmine quand les enfants sont jeunes et l'hypothèque grosse, et il rétrécit à mesure que les deux se résorbent. Cette forme correspond exactement à ce pour quoi l'assurance temporaire est conçue et tarifée.
L'assurance permanente règle d'autres problèmes : une personne à charge à vie, un gros gain en capital qui attend au décès sur un chalet ou une société privée, ou une relève d'entreprise à financer. Ces besoins n'expirent pas : une couverture qui expire est donc le mauvais outil.
L'erreur à éviter est d'acheter du permanent pour un besoin temporaire. Comme cela coûte plusieurs fois plus par dollar, l'acheteur finit souvent avec bien moins de couverture qu'il lui en faut, ce qui est le pire des deux résultats.
L'assurance vie n'est pas le seul écart
DIME répond à la question de votre décès. Pour la plupart des travailleurs canadiens, le risque le plus probable n'est pas de mourir mais d'être incapable de travailler, et cet écart est habituellement plus grand et moins souvent couvert.
L'assurance invalidité remplace une partie de votre revenu pendant que vous ne pouvez pas travailler. La couverture collective existe mais se termine souvent avec l'emploi, resserre sa définition d'invalidité après deux ans, et est imposable quand l'employeur paie la prime.
L'assurance maladies graves verse un montant forfaitaire libre d'impôt sur diagnostic d'une maladie couverte, couvrant les frais que le régime provincial ne couvre pas : médicaments pris hors de l'hôpital, déplacements pour les traitements, et un conjoint en congé sans solde.
L'assurance vie pour enfant se situe bien en dessous de tout ce qui précède en priorité. Elle vaut un petit montant pour les frais finaux et l'absence du travail d'un parent, et il vaut la peine de vérifier d'abord vos avantages collectifs, puisque la plupart des régimes canadiens incluent déjà une couverture des personnes à charge sans frais.
Calculez votre montant
Entrez vos dettes, votre revenu, votre hypothèque, vos enfants et votre couverture existante. Le calculateur affiche la ventilation DIME composante par composante, l'écart de couverture, et la comparaison avec la règle du 10 fois le revenu.
Ouvrir le calculateur d'assurance vie →
Alexandre Bernier, CFP®, CIM®